Carnets de l'Economie

Fraude alimentaire : 1 huile d'olive « vierge extra » sur 2 ne l'est pas




Anton Kunin
11/05/2021

La mention « vierge extra » sur les huiles d’olive est souvent apposée à tort. À l’issue de tests physico-chimiques, 7 huiles d’olive sur 15 achetées dans des supermarchés italiens par les journalistes du magazine italien "Il Salvagente" se sont révélées être d’une qualité ne justifiant pas une telle mention.


Fausse huile d’olive « vierge extra » : des marques connues, elles aussi, sont fautives

Si vous avez l’habitude d’acheter de l’huile d’olive « vierge extra » italienne, attention à ne pas tomber victime de tromperie sur l’étiquette. Selon le magazine italien Il Salvagente, spécialisé dans la défense des consommateurs, 7 huiles d’olive sur 15 portant cette mention ne satisfont pas aux critères de qualité exigés. Parmi ces marques fautives, il y a des marques de distributeurs - La Badia (Eurospin) et Il Saggio Olivo (Todis), – mais aussi des marques plus connues qui inspirent a priori confiance : De Cecco Classico, Colavita Mediterraneo tradizionale, Carapelli Frantolio, Coricelli et Cirio Classico.

Les résultats des contrôles réalisés en France par la Répression des fraudes vont dans le même sens. Ils montrent qu’une huile d’olive contrôlée sur deux est non-conforme. On ignore en revanche quelles marques sont concernées et où elles sont vendues. « Cette opacité sème finalement le doute sur tout le rayon », s’indigne l’ONG française Foodwatch, qui demande aux autorités françaises de publier les informations sur les fabricants fautifs.

Fausse huile d’olive « vierge extra » : en six ans, les choses n’ont pas évolué

Si les produits incriminés ne présentent aucun risque pour la santé, ces révélations dérangent car l’huile d’olive « vierge extra » est vendue au moins 30% plus cher qu’une simple huile d’olive vierge. Le consommateur est donc perdant financièrement. Plus largement, c’est toute la filière « vierge extra » qui souffre aujourd’hui d’un manque de crédibilité à cause de ces fraudes orchestrées par la moitié des fabricants.

En 2015, le mensuel italien avait déjà réalisé une enquête similaire : celle-ci avait montré que la moitié des huiles d’olive vierge extra testées (9 sur 20) ne l’étaient pas. Ces premières révélations avaient débouché sur une enquête pénale avec des sanctions pour les marques Carapelli, Bertolli, Sasso, Primadonna (Lidl), Coricelli, Santa Sabina et Antica Badia (Eurospin). Lidl et Coricelli avaient ensuite fait appel et gagné.










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