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Efficacité énergétique : des associations de professionnels appellent à en finir avec les dérogations




Anton Kunin
26/12/2017

Face aux rumeurs d’une possible reconduction de la dérogation autorisant la construction de logements neufs ayant une moindre efficacité énergétique, sept organisations et associations professionnelles appellent le gouvernement à faire appliquer la norme élaborée dès 2012.


Les organisations professionnelles appellent à interdire la construction de logements à base efficacité énergétique

Éviter les déperditions d’énergie : l’objectif a été affiché par tous les gouvernements successifs, sa réalisation est cependant une toute autre affaire. En cette fin d’année 2017, sept organisations et associations d’acteurs de la maîtrise d’énergie et des énergies renouvelables (Effinergie, Syndicat des énergies renouvelables, CLER Réseau pour la transition énergétique, Isolons la Terre contre le CO2, entre autres) sont vent debout contre les velléités du gouvernement, selon elles, de proroger la dérogation permettant de ne pas appliquer les normes décrétées au cours de la dernière décennie. Les signataires de l’appel souhaitent qu’a minima, les constructeurs soient obligés d’appliquer la norme RT2012, qui fixe la consommation énergétique maximale d’un logement à 50 kWh/m²/an. Jusqu’au 31 décembre 2017, une dérogation permet aux constructeurs de dépasser ce seuil de 15 %.

Le gouvernement chercherait-il à protéger les fabricants des chaudières et radiateurs ?

Selon les signataires de l’appel, les professionnels du bâtiment maîtrisent désormais les technologies permettant de construire des logements performants, producteurs d’énergie renouvelable à des coûts compétitifs. Pour preuve, en 2012, 70 % des logements collectifs autorisés en France (soit près de 160 000), consommaient déjà moins de 50 kWh/m2/an. « Il paraît aberrant, cinq ans plus tard, de laisser quasiment 100 % des logements neufs ne pas atteindre cette performance », tempêtent-ils, faisant référence à la dérogation instaurée peu après l’entrée en vigueur de la norme RT2012.

Les signataires de l’appel voient également dans cette dérogation une volonté des pouvoirs publics de protéger les professionnels de la production de chaleur « sale ». « Cette dérogation permet au marché des chaudières fossiles et radiateurs électriques d’évincer les énergies renouvelables dans un contexte où le prix des énergies fossiles reste bas. Continuer cette dérogation revient à continuer de réduire le marché de la chaleur renouvelable au profit des énergies conventionnelles », estiment-ils.






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