Carnets de l'Economie

Uber Eats quitte plusieurs pays




Olivier Sancerre
05/05/2020

Fidèle à sa stratégie, Uber Eats a décidé de se repositionner sur les marchés où son activité le place aux avants postes. La plateforme va donc quitter sept pays.


Des pertes dans sept pays

Coup dur pour les habitués d'Uber Eats en République Tchèque, Egypte, au Honduras, en Roumanie, en Arabie saoudite, en Ukraine et en Uruguay : la plateforme a annoncé qu'elle cessera son activité dans ces pays le 4 juin. Le service de voiture de tourisme avec chauffeur (VTC) d'Uber reste lui bien en place. La stratégie d'Uber Eats consiste à devenir le numéro un ou le numéro deux sur chacun des marchés où le service est en activité. Pour y parvenir, l'entreprise investit beaucoup, mais cela implique parfois de quitter des marchés. Ces sept pays représentaient 1% des réservations de la plateforme, mais ils pesaient aussi 4% des pertes. Une situation devenue intenable pour la société. Les consommateurs désireux de se faire livrer des repas à domicile devront en passer par la concurrence.

Dans un communiqué, Uber indique que « conformément à notre stratégie, nous allons réinvestir ces économies dans des marchés prioritaires où nous nous attendons à un meilleur retour sur investissement ». Il faut donc s'attendre à une présence accrue dans d'autres pays qui nécessitent un coup de pouce d'investissement pour atteindre les deux premières places du podium.

L'impact de la crise sanitaire

Les mesures de confinement et, plus largement la crise sanitaire devraient être bénéfiques à Uber Eats. Les livreurs sont parfois le seul lien avec l'extérieur qu'entretiennent les personnes confinées. Mais d'un autre côté, les consommateurs ont aussi davantage de temps pour cuisiner chez eux, réduisant le besoin de se faire livrer. De plus, de nombreux restaurants ont dû fermer. C'est pourquoi Uber Eats a étendu ses services à la livraison de colis et d'objets personnels, sans oublier d'augmenter la livraison de repas depuis les restaurants restés ouverts pour les ventes à domicile.

L'épidémie de coronavirus a frappé l'activité d'Uber et de ses VTC. Les utilisateurs de la plateforme ont moins fait appel à ses services, la crise sanitaire ayant fortement réduit les besoins de déplacement. Le groupe américain présentera les résultats de son dernier trimestre fiscal cette semaine, et les analystes s'attendent à un impact fort du COVID-19 sur la performance de l'entreprise. Cette dernière peut toutefois s'appuyer sur une trésorerie solide : ses fonds disponibles s'élèvent en effet à 10 milliards de dollars.


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