Carnets de l'Economie

Patrick Ricard, ce discret capitaine




La Rédaction
25/10/2012

Patrick Ricard grand patron de Pernod Ricard s'est éteint en août dernier en laissant son neveu Alexandre, à la tête des filiales de distribution de Pernod Ricard. Ce ne sera donc pas un Ricard qui succédera à Patrick Ricard aux commandes du groupe. L’ex PDG avait déjà pris ses distances avec son entreprise pour passer plus de temps avec sa petite fille et s’adonner à l’une de ses passions : la chasse.


Une perte pour le clan Ricard

Crédit photo : Pernod Ricard
Crédit photo : Pernod Ricard
Patrick Ricard a succombé à un malaise cardiaque à 67 ans alors qu'il se trouvait dans sa résidence familiale sur l'île de Bendor dans le Var. Patrick Ricard a passé toute sa vie professionnelle dans le groupe que lui a cédé son père Paul Ricard. Patrick accompagne son père à l’époque lorsque ce dernier fait la tournée des villes pour vendre du vin. Paul Ricard, se rend alors compte que les vignerons chez qui il s'approvisionne se concoctent une boisson composée d'un mélange de réglisse et d'anis. Il décide alors d'élaborer sa propre mixture. Le Ricard est né. Patrick Ricard est donc présent au tout début de l'aventure et gravit rapidement les échelons pour se retrouver à la tête du groupe en 1978. À cette époque Ricard vient de racheter son concurrent Pernod et devient Pernod Ricard. Dès lors, Patrick Ricard multiplie les acquisitions en rachetant Allied Domecq (Malibu, Ballantines, Perrier-Jouet, Mumm), Irish Distillers (Jameson) et Seagram (Chivas, Martell, Glenlivet), ses principaux concurrents. Patrick Ricard suit donc la stratégie de son père qui visait à un recentrage sur les spiritueux, et a même racheté la vodka Absolut en 2008. Ce rachat sera le dernier de sa carrière. Il se consacre dès lors à sa vie de famille, et essentiellement à sa petite fille Violette.

Patrick Ricard, simple, pudique, humble

À l'évocation de Patrick Ricard, ses amis ont tous les mêmes mots à la bouche. C’était un homme d'une grande simplicité, pudique et humble. Il s'adressait au président de la République aussi cordialement qu'à l'un de ses employés, et accordait autant d'intérêt aux puissants de ce monde qu'à ceux du bas de la pyramide. Il avait hérité du rêve de son père, qui souhaitait que tous les employés du groupe puissent un jour devenir propriétaires. Paul Ricard avait d'ailleurs initié un projet de logement et de centre de vacances à destination des employés du groupe. Patrick Ricard était également un homme sociable et recevait souvent de nombreux amis dans sa demeure. Peu avant son décès, il accueillait d’ailleurs Roselyne Bachelot. C’était un homme ordinaire, à peu de chose près qu'il était un titan de l'industrie. Un homme d'une incroyable humilité donc, qui prenait garde à considérer chacun à sa juste valeur. Il savait également faire confiance, se rappelle Philippe Savinel nommé PDG de Ricard SA en 2005. Moins de 15 secondes au téléphone auront suffi à Patrick Ricard pour passer les rênes de Ricard SA à Philippe Savinel. Ce dernier se souvient de rapports plus cordiaux que hiérarchiques. Une cordialité qu'il entretenait avec tous ses employés, sans distinction aucune.

Quand Patrick Ricard devient PDG

Bernard, le frère ainé de Patrick, devait succéder à Paul Ricard. Il est déjà aux commandes de l'entreprise avec son père, mais décide de quitter l'entreprise en 1971. Il est en désaccord avec Paul, et ne reste finalement que trois ans à la tête de l'entreprise. Un départ inattendu qui propulse Patrick aux commandes du groupe. Patrick admire son père et veut poursuivre son œuvre. Certains se rappellent ses débuts comme PDG. Il était stressé, inquiet, et constamment tendu. Pourtant, il a rapidement fait évoluer le groupe en agrandissant notamment son portefeuille de marques. Une politique qui fera taire tous ses détracteurs. Là où tout le monde doutait, Patrick Ricard a réussi. Il a d’ailleurs compris avant tout le monde ce qu’est la mondialisation, explique François Pinault. Alors que certains tentent de se diversifier, lui préfère se cantonner à ce qu'il sait faire, à savoir, vendre de l'alcool. Patrick Ricard a appris les ficelles du métier sur le tas. Il ne fait pas de longues études, et son père l’envoie en stage chez Seagram, dans le Kentucky avant qu’il n’incorpore les rangs du groupe Ricard. À 12 ans, Patrick Ricard assiste avec son père à son premier conseil d’administration.

Le décès d’un grand patron

Malgré les doutes et les critiques, Patrick Ricard a su faire d’une entreprise familiale florissante, un empire multinational. L’incarnation même du self-made-man à la marseillaise. Il était l’un des hommes les plus riches de France, et s’est vu récompensé par le magazine Fortune qui le sacre « homme d’affaires européen de l’année » en 2006. Patrick Ricard était donc un grand homme à tout point de vue, mais aussi un business man passionné. Une passion qu’il a entretenue jusqu’au bout pour cette entreprise familiale. Même à la retraite, Patrick Ricard garde un pied dans les affaires. Sur les plages de l'ile Maurice ou dans sa résidence familiale dans le Var, il continue à lire les rapports d’activité du groupe. Chaque semaine, il se rend au siège de l’entreprise à Paris pour rencontrer les employés. Après avoir passé les rênes de l’entreprise, il sillonne le monde pour visiter les différentes filiales de Ricard, et se tient quotidiennement informé des chiffres de chacune d’entre elles. Patrick aura poussé son groupe toujours plus haut. Le 17 août 2012, il succombait à un malaise cardiaque alors qu’il était installé dans son hamac en attendant ses invités pour dîner.










Décideurs

CVAE : la taxe supprimée, mais en deux fois

La BCE augmente de nouveau ses taux directeurs

France : un « net ralentissement » de l’économie attendu en 2023

Pour Moody’s, la Russie a fait défaut sur sa dette souveraine







International
Daily news and analysis for corporate & political leaders