Carnets de l'Economie

Le CDI jeunes du Medef ne convainc pas les Français




Aurélien Lacroix
06/02/2026

Début février 2026, le Medef a avancé l’idée d’un CDI dédié aux jeunes actifs, caractérisé par des modalités de rupture assouplies durant les premières années du contrat. Cette proposition, présentée comme un levier pour faciliter l’embauche, suscite une réception majoritairement réservée dans l’opinion.


CDI jeunes : une efficacité économique largement mise en doute

Selon les résultats du sondage Elabe pour Les Echos publié le 5 février 2026, 68 % des Français estiment que la création d’un CDI jeunes ne serait pas efficace pour améliorer l’emploi. Parmi eux, 30 % considèrent la mesure « pas du tout efficace » et 38 % « pas vraiment efficace », souligne Elabe. À l’inverse, 32 % jugent la proposition efficace, dont 4 % « très efficace » et 28 % « plutôt efficace ».

Cette appréciation traduit une réserve marquée quant à l’impact économique du dispositif proposé par le Medef. Pour une majorité de répondants, la modification du cadre contractuel ne constitue pas, en soi, une réponse suffisante aux difficultés d’accès à l’emploi rencontrées par les jeunes. Le scepticisme exprimé porte moins sur l’objectif affiché que sur les moyens envisagés pour y parvenir.

Chez les 18-24 ans, les résultats apparaissent plus partagés. Selon Les Echos, 49 % des jeunes interrogés estiment que le CDI jeunes pourrait être efficace, tandis que 51 % jugent le dispositif inefficace. 

La crainte d’un accroissement de la précarité du travail

Au-delà de l’efficacité économique, le sondage met en évidence une inquiétude centrale : l’impact du CDI jeunes sur la stabilité de l’emploi. D'après Elabe, 66 % des Français estiment que la proposition du Medef risquerait principalement d’augmenter la précarité des jeunes. Cette crainte constitue l’un des principaux facteurs expliquant le rejet observé.

Le principe d’un contrat à durée indéterminée pouvant être rompu sans motif pendant les premières années est perçu comme une fragilisation du CDI, historiquement associé à une protection accrue du salarié. Pour une majorité de répondants, cette évolution modifie l’équilibre du contrat de travail au détriment de la sécurité de l’emploi, même si une indemnisation progressive est prévue.

Ce jugement s’inscrit dans un contexte plus large de tension sur le marché du travail des jeunes. Toujours selon le sondage réalisé pour Les Echos, 62 % des Français estiment qu’il est aujourd’hui plus difficile pour les jeunes de trouver un emploi stable qu’il y a une génération. Cette perception contribue à renforcer la prudence exprimée face à toute réforme susceptible d’introduire davantage de flexibilité contractuelle.

Des priorités différentes identifiées pour améliorer l’emploi des jeunes

Les résultats du sondage éclairent également les leviers jugés prioritaires par les Français pour améliorer l’emploi des jeunes. Lorsqu’ils sont interrogés sur les mesures les plus efficaces, 50 % citent le développement de l’apprentissage et de l’alternance, selon Les Echos. L’adaptation des formations aux besoins des entreprises est mentionnée par 43 % des répondants, tandis que 39 % évoquent l’amélioration de l’orientation scolaire. Dans l’opinion, les enjeux de formation, de compétences et d’adéquation entre l’offre et la demande de travail apparaissent plus déterminants que l’évolution du contrat de travail. Le CDI jeunes proposé par le Medef est ainsi perçu comme une réponse partielle à des difficultés jugées avant tout structurelles.










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