Carnets de l'Economie

La création de l'Institut français des matériaux agro-sourcés




La Rédaction
24/05/2012

L'industrie agrochimique française accuse un certain retard face aux États-Unis et à la Chine, notamment en matière de biocarburant. Cependant, la France et plus globalement l'Europe ont des atouts à faire valoir dans le domaine des matériaux agro-sourcés. Sur cette voie, la France a fait un premier pas, en soutenant la création d'un institut dédié à la recherche.


La création de l'Institut français des matériaux agro-sourcés
Lors d'un discours prononcé par Christophe Rupp-Dahlem, le président de l'association d'industriels ACDV (Association Chimie du Végétal), au congrès "Plant based chemistry for 2020" qui se tenait récemment à Paris, un appel a été lancé aux pouvoirs publics pour les inciter à effectuer davantage d’investissements dans la chimie du végétal. Christophe Rupp-Dahlem affirme en effet que ces investissements sont nécessaires et que seule l'aide des pouvoirs publics permettra de lancer des productions industrielles à la hauteur des ambitions en matière de protection environnementale. En effet, les matériaux agro-sourcés ont un impact environnemental considérablement inférieur aux autres composés, par exemple ceux du plastique. Sans compter que ces matériaux sont renouvelables et propres, le marché de la chimie végétale représente déjà 28 milliards d'euros en Europe, et Christophe Rupp-Dahlem estime que ce marché représentera 51 milliards d'euros en 2020. Une manière d'interpeller les pouvoirs publics qui visiblement se sont penchés sur la question, avec le soutien à la création de l'institut Ifmas.

L'État français va soutenir la chimie du végétal

L'État porte dorénavant un grand intérêt à la chimie du végétal, et c'est le 27 septembre dernier que le président de la République, Nicolas Sarkozy, confirmait son soutien. Ainsi, c'est le projet d'un institut français des matériaux agro-sourcés (Ifmas) qui bénéficiera des premières aides dans ce domaine. Aussitôt après la confirmation par le chef de l'État du soutien de ce projet, c'est le commissariat général à l'investissement qui a annoncé que ce projet était retenu, mais sous conditions. Ont également été retenues, les premières vagues de projets en chimie végétale, à l'initiative de Pivert et Indeed. Ainsi, d’ici quelques semaines on connaitra les modalités de financements et les moyens mis à disposition, tant pour le démarrage que pour le développement de l'institut, lequel devrait générer 5 000 emplois sur les dix prochaines années. À proximité de l'institut Michel-Eugène Chevreul, le pôle euro-régional dans le domaine des molécules et des matériaux, l'Ifmas sera l'institut de l'excellence en matière de matériaux agro-sourcés, et nombreuses seront ses missions.

Les objectifs de l'Ifmas

Implanté sur le campus de la Cité scientifique à Villeneuve-d'Ascq, l'Ifmas, qui ne comptera pas moins de 150 chercheurs enseignants du public et du privé, s'affairera à mettre au point des technologies permettant de créer des matériaux innovants. Et c'est à partir des ressources végétales locales, que les études se focaliseront principalement sur la transformation des céréales et des pommes de terre féculières. La mise en forme des plastiques végétaux et la gestion du cycle de vie de ces matériaux feront également l'objet de recherches, et ce, dans l'objectif de porter la France au premier rang mondial, en matière de matériaux bio-sourcés. Ces matériaux ayant une forte valeur ajoutée, sans compter qu'ils sont durables et écologiques, donnent au projet Ifmas une dimension multisectorielle. En effet, les marchés potentiels sont nombreux, à savoir : le médical, les peintures, les transports, l'emballage, le bâtiment et les équipements électriques et électroniques. Ainsi, ce sont onze partenaires, industriels, centres de recherches, écoles et universités qui prendront part à ce projet.










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