Carnets de l'Economie

Industrie automobile : l'aide de l'État contre des relocalisations




Olivier Sancerre
11/05/2020

C'est du donnant-donnant. En échange des aides de l'État, les constructeurs automobiles devront relocaliser une partie de leur production en France.


Trop de délocalisation

Les constructeurs automobiles français vont bénéficier d'un soutien massif de l'État pour passer la période de crise sanitaire. Cette aide n'est pas sans contrepartie : « Je pense que l'industrie automobile française a trop délocalisé. Elle doit pouvoir relocaliser certaines productions », a affirmé Bruno Le Maire devant la caméra de BFM Business. Le ministre de l'Économie a décrit la manière dont les pouvoirs publics comptent s'y prendre pour relancer le secteur automobile particulièrement impacté par l'épidémie de coronavirus. La première orientation, c'est la transition écologique pour laquelle il faudra accélérer. La seconde, c'est de gagner en compétitivité : « si on veut garder des sites en France, il faut qu'on soit compétitifs par rapport à d'autres lieux de production partout ailleurs à travers la planète ».

La troisième orientation est celle qui va demander le plus de travail au secteur : la relocalisation. « C'est l'équilibre entre ces trois orientations qui doit nous permettre d'avoir une industrie automobile plus forte à la sortie de la crise ». Renault va recevoir un prêt garanti par l'État de 5 milliards d'euros pour faire face aux conséquences économiques du coronavirus. Il reste à déterminer comment le gouvernement va soutenir le groupe PSA. Sans oublier les sous-traitants.

La fermeture de Sandouville « mauvaise pour la nation »

Bruno Le Maire a également lancé un appel : « Nous sommes prêts à vous aider, nous sommes prêts à améliorer par exemple les primes à la conversion, nous sommes prêts à regarder ce qui peut améliorer votre compétitivité sur le site de production français, la contrepartie ça doit être quelle relocalisation est-ce que vous envisagez ». Le message est très clair, mais l'industrie devra faire sa part pour bénéficier des aides de l'État.

Le locataire de Bercy est également revenu sur la fermeture provisoire de l'usine Renault de Sandouville, en raison d'une décision de justice saisie par la CGT, pour des raisons « qui me paraissent extraordinairement fragiles ». Pour lui, c'est une mauvaise décision puisque l'usine va perdre « au minimum une semaine pour redémarrer ». « C'est une décision mauvaise pour Renault, alors que chacun sait que l'industrie automobile est aujourd'hui confrontée à de grandes difficultés. Et c'est une décision qui est mauvaise pour la nation française », a-t-il ajouté. 


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