Carnets de l'Economie

Eiffage, champion de l’actionnariat salarié dans le BTP




La Rédaction
26/05/2021

L’un des trois leaders français de la construction et des concessions, Eiffage est aussi le champion incontesté de l’actionnariat salarié. Avec 17,1% du capital détenu par ses salariés, l’entreprise de BTP détient tout bonnement le record de l’actionnariat salarié en France. Mis en place il y a déjà trente ans, ce dispositif a même connu un succès inédit en 2020. De quoi assurer cohésion et motivation au sein du groupe, mais aussi une stabilité rassurante pour tous.


L'homme au coeur des chantiers, un rôle essentiel valorisé chez Eiffage par une politique emblématique d'actionnariat salarié
L'homme au coeur des chantiers, un rôle essentiel valorisé chez Eiffage par une politique emblématique d'actionnariat salarié
Favorisé par la loi PACTE (1) adoptée le 22 mai 2019, et loué par les Présidents de la Vème République depuis le Général De Gaulle (2) qui lui a donné une seconde naissance jusqu’à Emmanuel Macron qui considère que (3) « l'association accrue des salariés dans la gouvernance des entreprises est la garantie de mieux participer au partage des richesses », l’actionnariat salarié connaît un véritable succès dans notre pays. Déjà championne d’Europe en la matière, la France a conforté cette position l’année dernière (4) malgré la crise sanitaire et économique. Cet engouement pour l’actionnariat salarié, Eiffage l’a constaté également, avec une participation record à sa campagne 2020 de souscription. Plus de 50000 salariés y ont souscrit et, au total, ce sont pas moins de 118 843 842,08 euros (5) qui ont été apportés au capital de l’entreprise, soit une contribution moyenne de 2355 euros par salarié. Il faut dire que chez Eiffage, l’actionnariat salarié est loin d’être une nouveauté. Au contraire, il est fortement ancré dans la culture de l’entreprise et constitue même l’un de ses éléments fondateurs.
 

Un dispositif inscrit dans l’ADN de l’entreprise, gage de stabilité
En effet, alors que le groupe de BTP s’appelait Fougerolle et pas encore Eiffage, le PDG de l’époque, Jean-François Roverato a recours à la reprise de l’entreprise par les salariés (RES) dès 1989 alors que son entreprise est dans la ligne de mire de la Compagnie générale des eaux. À la suite de cette RES, 10561 salariés deviennent actionnaires sur les 14500 salariés de Fougerolle et les souscriptions atteignent un montant de 290 millions de francs (6), permettant ainsi à l’entreprise de conserver son indépendance. « Les salariés ont suivi et je peux dire aujourd’hui que la grande force d’Eiffage, c’est la confiance de ses ouvriers et plus généralement de ses salariés », se félicitera d’ailleurs Jean-François Roverato (7) quelques années plus tard. C’est cette « grande force », pour reprendre les termes de l’ex-PDG d’Eiffage, qui a permis à la major du BTP de contrer l’offensive menée par l’entreprise espagnole Sacyr en 2007. Dire que l’actionnariat salarié a joué un rôle déterminant dans l’échec de la tentative de prise de contrôle hostile d’Eiffage par la société ibérique n’est pas déraisonnable, car il ne fait absolument aucun doute que la forte présence des salariés au capital du groupe français fut l’un des éléments clefs ayant permis de repousser l'assaut de Sacyr.
 
Deux ans plus tard, en 2009, l’actionnariat salarié a une fois de plus protégé Eiffage d’une approche non sollicitée de la part de l’entreprise autrichienne de construction Strabag. Dans un article fort justement intitulé « Eiffage : vive l’actionnariat salarié !  » (8), le journal La Tribune a raconté comment, pendant quatre jours, la société étrangère a tenté de rafler tous les titres Eiffage qu’elle pouvait en Bourse avant de se raviser face à la part décisive du capital détenue alors par les salariés et les dirigeants du groupe français. Strabag n’avait piteusement pu réunir que 0,6% du capital d’Eiffage. Bref, grâce à l’actionnariat salarié, il n’est pas exagéré d’affirmer que le groupe Eiffage s’est construit sur de solides fondations. Guillaume Sauvé, Président d’Eiffage Génie Civil et d’Eiffage Métal ne dit d’ailleurs pas autre chose quand il affirme qu’il voit dans l’actionnariat salarié « une solide garantie de stabilité dans la durée : avec 20% du capital détenu par 80% du personnel, cela confère à notre actionnariat une assise qui permet de se projeter davantage dans l’avenir, pour consolider notre stratégie ».
 

Un ciment hyperpuissant pour l’unité de l’entreprise
Si, en trente ans d’existence, l’actionnariat salarié mis en place au sein d’Eiffage a permis d’empêcher l’entreprise française de tomber dans l’escarcelle d’une société mal intentionnée, ce dispositif a aussi eu l’immense mérite de créer un véritable sentiment d’appartenance et de tisser des liens solides entre les salariés du groupe. « L’actionnariat salarié a permis à Eiffage de développer une identité commune forte autour de valeurs partagées qui ont contribué à sa réussite », confirme Benoît de Ruffray (9), le PDG d’Eiffage. Une vision que partage totalement Sonia Chevalier (10), directrice actionnariat salarié du groupe, puisque pour elle, « l’actionnariat salarié n’est pas qu’un sujet financier, il est au cœur de notre culture d’entreprise, en ligne avec nos valeurs de partage et d’engagement ». Il est évident que, lorsque l’on est actionnaire, et donc propriétaire d’une partie de son entreprise, on a à cœur de faire son travail le mieux possible afin qu’elle engrange un maximum de bénéfices. Comme l’explique à juste titre Martin Freynet, ingénieur génie civil chez Eiffage, « en devenant actionnaire, on travaille pour le groupe, mais aussi pour soi ». Chez Eiffage, l’actionnariat salarié est donc un outil privilégié de la dynamique managériale afin d’assurer la cohésion au sein du groupe et de motiver l’ensemble des collaborateurs. « Sans mauvais jeu de mots, c’est un ciment hyperpuissant pour l’unité de l’entreprise, confirme Guillaume Sauvé. Avec un actionnariat salarié de cette ampleur, on est tous un peu patrons, un peu propriétaires de l’entreprise : c’est une vraie motivation pour que tout marche collectivement. Le voisin de chantier, celui de l’autre branche, de l’autre filiale, est vu comme un copropriétaire, tout autant intéressé que moi à ce que les choses fonctionnent, et donc cette pratique incite à s’épauler continuellement, à tirer encore plus dans le sens de l’efficacité opérationnelle, de la qualité, et de la satisfaction du client ».
 

Mais ce dispositif ne fonctionnerait pas aussi bien depuis maintenant trente ans si les salariés n’y trouvaient pas leur compte. Or, le succès ne se dément pas et les employés d’Eiffage sont toujours plus nombreux à plébisciter l’actionnariat salarié. Il faut dire que les conditions sont plus qu’avantageuses. Décote de 20 % sur le prix de l'action, dividendes réinvestis automatiquement dans le Fonds commun de placement d’entreprise (FCPE), conditions avantageuses du Plan d’épargne groupe (PEG), mais aussi facilités de paiement… tout est mis en œuvre pour que les collaborateurs d’Eiffage puissent profiter de manière très concrète des bons résultats économiques du groupe. Et si aujourd’hui, près de 80% des salariés d’Eiffage sont actionnaires et détiennent 17,1% du capital (11), ce qui constitue un record absolu en France, ce n’est pas un hasard. C’est tout simplement que leur entreprise est un placement fort intéressant. « J'ai investi tous les ans depuis un certain temps et c'est probablement le meilleur investissement que je n'aie jamais fait », confirme un salarié d’Eiffage (12) sur le forum du site Boursorama, tandis qu’un ancien salarié explique qu’il a investi chaque année entre 2008 et 2013 et que la forte plus-value qu’il en a retirée lui a permis d’avoir un très bon apport pour un achat immobilier. Il n’y a pas de mystère : si Eiffage est aujourd’hui le groupe français où le taux de salariés actionnaires de leur entreprise est le plus élevé, c’est que chacun y trouve son compte et que ce dispositif profite à tous. Un modèle de gouvernance vertueux pour tout le monde en somme !
 











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