Carnets de l'Economie

Audi aurait bénéficié du travail des prisonniers des camps nazis




27/05/2014

Une étude sur le passé d’Audi durant la seconde guerre mondiale et notamment sur le rôle de Richard Bruhn, considéré comme le père de « Auto Union » qui changera par la suite son nom pour Audi, secoue le constructeur allemand et l’Allemagne toute entière. Selon des chercheurs les liens entre Bruhn et le Troisième Reich lui auraient permis de faire travailler les prisonniers des camps de concentration nazis.


Aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est le constructeur automobile d’Ingolstadt lui-même qui a commandité cette étude historique qui a été publiée ce lundi 26 mai 2014. Mais sans doute il ne s’attendait pas à des conclusions aussi terribles.

Selon les chercheurs Martin Kukowski et Rudolf Boch qui se sont intéressés aux liens entre Richard Bruhn et le Troisième Reich, ceux-ci étaient très forts. C’était connu que Richard Bruhn était un personnage important sous le Troisième Reich puisqu’il avait un titre qui lui donnait un statut quasiment équivalent à celui d’un haut gradé. Il était effectivement un Wehrwirtschaftsfuehrer.

Mais si jusque-là ce statut n’était pas un problème, l’étude a mis en évidence que Bruhn a obtenu du Troisième Reich de faire travailler les prisonniers des camps nazis. Sept camps gérés par des SS et où ont travaillé près de 3 700 prisonniers auraient été au service exclusif de Auto Union. De plus, quelques 16 500 autres prisonniers auraient été contraints de travailler dans les usines de Zwickau et Chemintz.

Les conclusions des chercheurs mettent une lumière nouvelle sur le rôle de Richard Bruhn durant cette période noire de l’histoire allemande qui crée une véritable vague d’indignation en Allemagne, notamment à Ingolstadt où le maire a déjà annoncé qu’il envisageait de changer le nom de la Bruhnstrasse, l’une des principales rues de la ville, baptisée en l’honneur de Richard Bruhn.

De son côté, le constructeur allemand s’est dit choqué par ces révélations et notamment par la conclusion qui lui attribue la responsabilité morale de la mort de près de 4 500 prisonniers ayant travaillé dans les camps au service de Auto Union. Le groupe a déjà annoncé qu’il était prêt à prendre ses responsabilités et à  dédommager, le cas échéant, d’éventuels survivants.

















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