Carnets de l'Economie

Alimentation : le logo nutritionnel cinq couleurs est désormais utilisable par tout industriel




Anton Kunin
31/10/2017

Un arrêté permettant à tout industriel qui le souhaite d’apposer le logo nutritionnel Nutriscore sur ses produits a été signé le 31 octobre 2017 par Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la Santé, Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation et Benjamin Griveaux, Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances.


Le Nutriscore, une signalétique extrêmement claire au service de la santé

Le logo nutritionnel Nutriscore, conçu pour attribuer à chaque produit alimentaire un score de A (« meilleure qualité nutritionnelle ») à E (« moins bonne qualité nutritionnelle), a été largement discuté depuis 2013. En cette fin d’octobre 2017, il vient donc d’acquérir ses lettres de noblesse sur le sol français en devenant utilisable par tout fabricant de denrées alimentaires qui le souhaite.

Son introduction (même si elle ne revêt pas un caractère obligatoire) a été programmée par l’article 14 de la loi de Modernisation de Notre Système de Santé du 26 janvier 2016, qui prévoit que les pouvoirs publics « recommandent un système d’étiquetage nutritionnel synthétique, simple et accessible pour tous, figurant sur la face avant des produits ».

En présentant le dispositif devant la presse, Agnès Buzyn s’est félicitée de sa mise en place, en déclarant que le Nutriscore incitait les industriels à améliorer la qualité de leurs aliments et facilite le conseil nutritionnel aux professionnels de santé dans le cadre de prévention. Le 24 novembre 2017, Agnès Buzyn devrait rencontrer Vytenis Andriukaitis, le commissaire européen chargé de la santé et de la sécurité alimentaire afin de promouvoir le Nutriscore au niveau européen.

Le Nutriscore, un long chemin vers l’adoption

L’idée de simplifier au maximum les informations nutritionnelles contenues sur les emballages de produits alimentaires est arrivée en France au début des années 2010, après la mise en place au Royaume-Uni d’une signalétique basée sur les feux de circulation (dont le Nutriscore est une adaptation). La recommandation de suivre l’exemple britannique et d’adopter un logo à cinq couleurs dans l’Hexagone a été faite dès novembre 2013 par le professeur Serge Hercberg, à qui les pouvoirs publics ont commandé un rapport sur le sujet.

Évidemment non contents de la perspective d’adoption d’une signalétique nutritionnelle aussi directe, des industriels comme Coca-Cola, McDonald’s, Nestlé et Danone ont, selon l’ONG Corporate Europe Observatory, commandé deux études selon lesquelles le système actuel serait perçu comme suffisamment efficace par les consommateurs et n’avait pas besoin d’être modifié. En France, l’Association Nationale des Industries Alimentaires (ANIA), le principal lobby du secteur de la charcuterie, a déployé des moyens importants pour convaincre les décideurs politiques que le Nutriscore était inefficace. Il a donc fallu quatre ans pour que le Nutriscore soit adopté, et ce, uniquement à titre facultatif.










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