Carnets de l'Economie

Les praticiens hospitaliers en grève contre les conséquences du Ségur




Anton Kunin
12/01/2021

L’hôpital public est en grève : les soignants font savoir leur insatisfaction des décisions du « Ségur de la Santé », qui risquent selon eux de faire partir les médecins expérimentés.


Une revalorisation inégale, qui a accentué les inégalités au sein de l’hôpital

S’il y a un mot que les médias ont véhiculé au sujet des décisions du « Ségur de la Santé », c’était bien « revalorisation ». Mais tous les praticiens hospitaliers n’y ont pas eu droit, et ils comptent bien faire réparer cette injustice. Selon le Syndicat National des Praticiens Hospitaliers Anesthésistes Réanimateurs Elargi (SNPHARE), à l’initiative de cette journée de grève, les seuls à avoir bénéficié d’une revalorisation significative ont été les soignants les plus jeunes (accélération de carrière de 4 ans). En d’autres mots, les praticiens hospitaliers expérimentés en ont été exclus.

Pour le syndicat, cet état des choses est préjudiciable à l’institution que représente l’hôpital public dans la mesure où les médecins les plus expérimentés ne sont pas appréciés à leur juste valeur et ne sont pas motivés à rester travailler. Et les conséquences de cette politique sont déjà visibles : « d’année en année, le taux de vacance de postes augmente dans la quasi-totalité des spécialités : 30% en moyenne et jusqu’à 40% dans certaines spécialités », pointent les syndicalistes du SNPHARE, selon qui « on passe d’un travail d’équipe avec un projet commun à un travail réalisé par des gens qui se croisent, qui remplacent, et sans investissement à long terme ».

Hôpital : des carrières très longues pour accéder au dernier grade

S’agissant de la rémunération des soignants expérimentés, le SNPHARE rappelle que le Ségur a allongé l’accession au dernier échelon, rendant impossible son accès avant l’âge de 67 ans. Le syndicat considère que les médecins ne devraient pas travailler aussi longtemps. Avec cette grève, il réitère sa demande de « + 2 échelons pour tous », que le Ségur n’a pas satisfaite.

Autre catégorie de médecins lésée : les praticiens hospitaliers qui ont aussi une activité libérale. Le SNPHARE rappelle que la revalorisation a concerné uniquement les praticiens hospitaliers qui n’ont pas d’activité libérale. En effet, l’exécutif a sciemment choisi de procéder à une revalorisation en revalorisant, pour les médecins déjà en poste, uniquement la « prime d’exclusivité d’exercice public ». « Le refus d’octroyer cette accélération de carrière aux PH investis, qui font tenir un hôpital public déliquescent, est signe d’un énième mépris de nos tutelles », fustige le syndicat.










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