Carnets de l'Economie

Les finances publiques plongent dans la dette et le déficit




Olivier Sancerre
10/04/2020

Après la crise sanitaire, la crise économique. Pour éviter les faillites d'entreprises et le naufrage de l'économie française, le gouvernement va s'endetter à des niveaux jamais vus.


Vers une reprise progressive de l'activité

Dans une interview aux Echos, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin ont confirmé la contraction de la croissance pour 2020, prévue à -6%. Un chiffre qui pourrait s'aggraver en fonction de la situation sanitaire et de la sortie du confinement. « Il s'agit de la plus grande récession en France depuis 1945 », confirme le ministre de l'Économie. Et la reprise s'annonce progressive : « Les touristes ne reviendront pas du jour au lendemain (…) Dans l'industrie, les chaînes de production peuvent être très longues à rétablir », explique encore le patron de Bercy. Pour soutenir les entreprises, le gouvernement a mis en place des mesures très fortes comme le chômage partiel, le report des échéances fiscales et sociales, des prêts garantis par l'État.

À l'origine, ce plan d'urgence avait été fixé à 45 milliards d'euros. Il sera finalement porté à 100 milliards. 20 milliards seront consacrés au chômage partiel, au lieu des 8,5 milliards initiaux. Le fonds de solidarité va passer de 1 à 6 milliards d'euros. Le budget pour l'achat de matériel sanitaire sera porté à 4 milliards d'euros. Le gouvernement a également prévu des primes pour les fonctionnaires et le personnel de santé, dont le montant est encore soumis à arbitrage.

Un plan d'urgence à 100 milliards d'euros

Ces sommes vont creuser le déficit public : il devrait s'établir à 170 milliards d'euros cette année, soit quasiment deux fois plus que les 93 milliards initialement prévus avant la crise sanitaire. Le critère de 3% de Bruxelles est explosé : le déficit de la France sera de 7,6%. La dette de la France va aussi pulvériser le seuil des 100% atteint en septembre dernier. Elle pourrait s'établir à 112% en 2020, alors que l'exécutif pariait sur 98% avant le coronavirus.

Le rétablissement des finances publiques va donc exiger beaucoup de temps et de discipline une fois la crise passée. « Sur le long terme, il est nécessaire de disposer de finances publiques saines et de réduire la dette », a toutefois rappelé Bruno Le Maire. Mais l'urgence est au soutien aux entreprises pour qu'elles puissent reprendre leur activité le plus rapidement possible.










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