Carnets de l'Economie

Impôt sur le revenu : ce que la réindexation du barème change en 2026




François Lapierre
09/01/2026

Début janvier 2026, au moment de l’examen du projet de loi de finances, la question du barème de l’impôt sur le revenu s’est imposée comme un point central du débat parlementaire à l’Assemblée nationale. Fallait-il geler le barème pour contenir le déficit ou l’ajuster à l’inflation pour préserver le revenu réel des ménages ?


Le barème de l’impôt sur le revenu indexé sur l’inflation en 2026

Les députés ont rejeté l’hypothèse d’un gel du barème de l’impôt sur le revenu. Cette option, évoquée à l’automne 2025 lors des premières discussions budgétaires, consistait à maintenir inchangées les tranches d’imposition. Or, dans un contexte d’inflation, un tel choix aurait eu un effet mécanique. Même sans augmentation réelle de pouvoir d’achat, une simple revalorisation nominale des revenus aurait pu entraîner une hausse de l’impôt. C’est précisément ce mécanisme que les parlementaires ont souhaité neutraliser.

En conséquence, la commission des finances a adopté un amendement prévoyant une indexation intégrale du barème de l’impôt sur le revenu sur l’inflation, estimée à environ 1,1 %. Concrètement, l’ensemble des seuils de tranches est relevé dans la même proportion. Cette décision s’inscrit dans la continuité d’un principe fiscal ancien : l’impôt ne doit pas augmenter uniquement en raison de la hausse des prix.

Supprimer une hausse d’impôt pour les ménages

 Les débats ont mis en avant une justification largement partagée : l’inflation modifie le niveau nominal des revenus sans enrichir réellement les ménages. Sans indexation, le barème de l’impôt sur le revenu devient plus sévère au fil du temps. Les députés ont d’ailleurs qualifié cette situation de « hausse d’impôt déguisée » dans l’exposé de leur amendement. 

Selon les estimations relayées lors des débats, l’absence de revalorisation du barème aurait pu rendre imposables entre 150 000 et 200 000 foyers supplémentaires en 2026. À l’inverse, l’indexation permet de maintenir ces ménages en dehors de l’impôt ou d’éviter un passage dans une tranche supérieure. Sur le plan budgétaire, le gouvernement a évalué le coût de la suppression du gel du barème à environ 1,9 milliard d’euros. Un montant assumé par les députés, qui ont estimé que la protection du revenu et la lisibilité fiscale justifiaient cet arbitrage.

Pour le contribuable, les effets sont concrets. Si votre revenu a augmenté en 2025 uniquement pour suivre l’inflation, votre impôt sur le revenu ne progressera pas mécaniquement. À revenu réel constant, le montant d’impôt restera stable. 










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