Carnets de l'Economie

Essonne : quand le Département subventionne le covoiturage à courte distance




Anton Kunin
19/04/2017

Les habitants de l’Essonne (Ile-de-France) peuvent désormais utiliser un service de covoiturage aux frais du Conseil départemental. Jusqu’au 30 juin 2017, 20 trajets maximum de 35 km ou moins peuvent être réalisés par chaque personne.


L'offre de bus augmente, mais l'usage peine à suivre

Le Département a décidé de consacrer 100 000 euros maximum pour subventionner les trajets réalisés via l’application de covoiturage à courte distance Karos. Bien que pas très éloigné de Paris, ce département est tout de même très rural, et un manque de lignes de bus et de passages est un problème jusqu’ici non résolu. 59 % des déplacements s’y font en voiture, 78 % d’entre eux s’effectuant à l’intérieur du département.

L’offre de bus se développe certes : entre 2010 et 2015, la « grande couronne » est passé de 144,3 millions de véhicules x kilomètres en 2010 à 162,5 millions de véhicules x kilomètres en 2015, soit une augmentation de l’offre de 12,6 %. L’usage des transports collectifs suit, mais à un rythme bien moins élevé : sur la même période, la fréquentation a progressé de 2,8 % seulement.

La faible rémunération des conducteurs, un frein au développement du covoiturage

En subventionnant le covoiturage à courte distance, le Département de l’Essonne suit l’exemple de la commune des Molières (2 000 habitants), située dans ce même département, qui a noué fin mars 2017 un partenariat avec Karos pour créer des « lignes de covoiturage ». La commune étant située à 4 km de la gare RER de Saint-Rémy-Lès-Chevreuse et mal desservie par les bus, ses habitants avaient jusqu’alors le choix soit de s’adapter aux horaires de passage des bus, soit de prendre un vélo personnel, soit de marcher. Pour la commune, la mise en place de ces « lignes de covoiturage » est un moyen de générer des réseaux de mobilité sans aucun investissement en infrastructures et à moindre coût, puisque les routes, les véhicules et les conducteurs sont déjà là.

Le covoiturage à courte distance, parviendra-t-il à entrer dans les habitudes des habitants de l’Essonne ? Pas sûr, car la carotte financière proposée est peu importante : le conducteur est rémunéré 0,10 euro le kilomètre. À travers ce partenariat, Karos espère toutefois que l’usage de son service fera partie des gestes quotidiens.










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