Carnets de l'Economie

Eiffage veut s’emparer des 49,99% de Casil Europe dans Aéroport Toulouse-Blagnac




Olivier Sancerre
15/05/2019

Casil Europe, le premier actionnaire du concessionnaire de l’aéroport de Toulouse, va vendre sa participation de 49,99% au groupe Eiffage. Une opération suspendue à une décision de justice.



Eiffage a annoncé ce mardi être entré en négociations exclusives avec Casil Europe pour acquérir la participation de 49,99% que ce dernier possède dans ATB (Aéroport Toulouse-Blagnac). Une opération qui s’inscrit dans la « stratégie d'Eiffage » qui vise à « diversifier son portefeuille de concessions, déjà fort de nombreuses participations dans des infrastructures de transport en Europe, ainsi qu'à en allonger la durée ». Casil Europe confirme la tenue de cette négociation et le fait qu’Eiffage a l’intention d’acquérir la « totalité » de ses actions d’ATB, qui a la concession du troisième aéroport régional Francis (9,6 millions de passagers l’an dernier).

Casil Europe, une société aux capitaux chinois créée par le consortium Symbiose, a saisi l’opportunité en avril 2015 d’acheter à l’État 49,99% du capital d’ATB. Les pouvoirs publics ouvraient le capital de l’opérateur, ce qui leur avait permis d’engranger 308 millions d’euros. Depuis, la politique de versement de dividendes de Casil Europe a été beaucoup critiqué, l’entreprise se montrant très généreuse envers ses actionnaires, n’hésitant pas à puiser dans les réserves d’ATB.  La société défend toutefois son bilan : « L'engagement continu de Casil Europe au sein du conseil de surveillance et auprès du directoire, ainsi que des équipes d'ATB, s'est notamment traduit par une augmentation de près de +30% des flux de passagers, l'ouverture de 42 destinations supplémentaires et des investissements significatifs dans la modernisation et le développement de l'aéroport ».

La transaction entre Eiffage et Casil Europe est cependant suspendue à la décision de la justice. La cour administrative d’appel de Paris a en effet annulé le processus de privatisation d’Aéroport Toulouse-Blagnac, en raison du non-respect du cahier des charges de la procédure. L’État, toujours à la tête de 10,01% du capital d’ATB, s’est pourvu en cassation auprès du Conseil d’État. 


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