Carnets de l'Economie

Croissance : les prévisions en baisse de la Commission européenne




Olivier Sancerre
08/05/2019

L’Allemagne et l’Italie à la peine ; la France devrait s’en sortir un peu mieux.
La Commission européenne revoit ses prévisions de croissance à la baisse, que ce soit pour la zone euro ou pour l’ensemble des pays de l’UE. La France pourrait tirer son épingle du jeu.


Bruxelles broie du noir : les incertitudes économiques et les « facteurs nationaux dans les grandes économies de l’Union européenne » pèsent dans les estimations de croissance en Europe, explique Pierre Moscovici, le commissaire en charge des Affaires économiques. De fait, les prévisions de la Commission pointent à la baisse : à l’automne dernier, elle tablait sur une croissance de 1,9% pour 2019 et 1,7% en 2020 pour les 19 pays ayant l’euro comme devise commune. Il faudra plutôt s’attendre sur 1,3% cette année et 1,6% l’année prochaine. Les projections sont également à la baisse pour l’ensemble de l’UE ; 1,5% et 1,7% pour 2019 et 2020, alors que les prévisions précédentes étaient de 1,9% et 1,8%.

Parmi les pays en difficulté, l’Italie n’est pas à la fête. La croissance devrait se limiter à 0,2% en 2019, alors que le pays est entré en récession en 2018 avec une progression de 1% de son PIB. Mais c’est l’Allemagne, la locomotive économique européenne, qui tire l’ensemble de la zone euro et de l’UE vers le bas. La prévision de croissance pour 2018 est de 1,5% (1,7% auparavant) et de 1,1% pour cette année (contre 1,8%). Avec son économie tournée vers les exportations, le pays est particulièrement sujet à la dégradation des échanges commerciaux. En ce qui concerne la France, la situation est un peu meilleure.

Le PIB tricolore devrait ainsi afficher une progression de 1,5% pour 2018 et 1,3% en 2019. Des prévisions en baisse (1,7% et 1,6%) par rapport à l’automne dernier. Selon Bruxelles, « la consommation des ménages devrait accélérer progressivement au delà de 2019 grâce à l'augmentation des salaires nominaux qui devraient booster le revenu disponible et au ralentissement de l'inflation ». Les mesures sociales annoncées dans la foulée du mouvement des « gilets jaunes » devraient soutenir le pouvoir d’achat.


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