Carnets de l'Economie

Christine Lagarde pourrait quitter la BCE avant 2027 : quels scénarios et quels enjeux ?




Aurélien Lacroix
18/02/2026

Selon des informations publiées par le Financial Times et relayées par Reuters, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, envisagerait de quitter ses fonctions avant le terme officiel de son mandat, prévu en octobre 2027. L’institution a toutefois indiqué qu’aucune décision n’avait été prise et que sa présidente restait pleinement concentrée sur son mandat.


Un départ anticipé pour organiser la succession

Le premier scénario, évoqué par le Financial Times, serait celui d’un départ anticipé courant 2026. L’objectif serait de permettre la nomination d’un successeur avant l’élection présidentielle française du printemps 2027. La désignation du président de la BCE relève d’un compromis entre chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne, après consultation du Parlement européen et du Conseil des gouverneurs. Le calendrier politique national peut donc indirectement influencer l’équilibre des négociations.

Un départ avant 2027 offrirait aux dirigeants actuellement en place — notamment au président Emmanuel Macron — une capacité d’influence accrue dans la recherche d’un consensus sur le profil du prochain président. Ce facteur est d’autant plus sensible que les enquêtes d’opinion en France indiquent une forte progression des intentions de vote en faveur de l’extrême droite en vue du scrutin de 2027, autour de Marine Le Pen et Jordan Bardella. 

Stabiliser l’institution dans un cycle monétaire plus lisible

Un autre élément avancé par plusieurs analystes concerne le contexte macroéconomique. Après le pic inflationniste de 2022-2023 et le cycle de resserrement monétaire qui s’en est suivi, la politique de la BCE est entrée dans une phase de normalisation plus prévisible.

Un départ à un moment où l’inflation converge vers la cible de 2 % et où les taux directeurs sont stabilisés pourrait limiter les risques de perturbation des marchés. Les premières réactions observées après la publication de l’information sont restées modérées, l’euro ne connaissant que de faibles variations. Dans cette optique, une transition organisée dans une phase de relative accalmie macroéconomique pourrait apparaître institutionnellement plus confortable qu’un changement intervenant en période de tension financière.

Préserver l’indépendance perçue de la BCE

Le mandat du président de la BCE est unique et non renouvelable, précisément afin de garantir l’indépendance vis-à-vis des gouvernements nationaux. Toutefois, la dimension politique des nominations reste un élément structurant du fonctionnement européen. Un départ anticipé maîtrisé permettrait de clarifier rapidement la trajectoire institutionnelle et d’éviter que la fin de mandat ne devienne un sujet de spéculation prolongée à l’approche de 2027. Plusieurs profils circulent déjà dans les cercles économiques européens, dont Klaas Knot, Joachim Nagel et Pablo Hernández de Cos, selon le Financial Times.

Il convient de rappeler que ces informations reposent sur des sources citées par le Financial Times et qu’aucune annonce officielle n’a été faite. La BCE a réaffirmé que sa présidente n’avait « pris aucune décision » concernant un départ anticipé.










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