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BlaBlaCar attire les foudres des autocaristes russes




Anton Kunin
07/11/2018

​Cela peut avoir l’air de ne pas nous concerner, mais quand on connaît le poids du marché russe dans l’activité de BlaBlaCar, cette information acquiert toute de suite une importance. En effet, c’est entre les mains de la justice de ce pays qu’est désormais l’avenir de son activité sur un marché qui concentre ¼ de ses utilisateurs.


Pour les autocaristes russes, l’activité de BlaBlaCar n’a pas de fondement légal

Les autocaristes russes ont une dent contre BlaBlaCar, et on peut les comprendre : face à une inflation galopante et des revenus qui stagnent, les Russes sont friands de bons plans. 15 millions d’entre eux sont inscrits sur BlaBlaCar, ce qui n’est tout de même pas rien comparé aux 65 millions d’utilisateurs que compte l’application française au total. Armée de toute une série d’arguments, la Fédération des autocaristes a donc décidé d’aller devant la justice russe dans l’espoir de faire interdire l’activité de BlaBlaCar dans leur pays.

Les plaignants font valoir le fait que la loi russe ne prévoit pas un service de transport de personnes par des particuliers, et demandent d’interdire BlaBlaCar car son activité ne correspond à aucun des trois types de transports de personnes autorisés (lignes régulières, transport sur demande, taxi). Les plaignants contestent également le statut de « service d’information », sous lequel BlaBlaCar fonctionne dans ce pays. En effet, à la différence du marché domestique, en Russie BlaBlaCar vend uniquement des abonnements (à la journée ou au mois) permettant d’accéder à son site, les paiements entre les passagers et les chauffeurs se faisant en liquide, sans intermédiaire.

BlaBlaCar évincerait du marché les autocaristes établis

Selon la Fédération des autocaristes, en trois ans leurs adhérents ont perdu 20% de leurs passagers. Les plaignants rappellent par ailleurs qu’en Russie BlaBlaCar assure des liaisons sur 30 000 « lignes », un chiffre que la société française avait elle-même fièrement dévoilé quelques mois plus tôt. Les autocaristes contestent aussi le fait que BlaBlaCar prend en charge ses passagers en dehors des gares routières, leur permettant ainsi d’échapper au contrôle d’identité et à l’inspection des bagages préalables à l’embarquement, pourtant obligatoires pour les passagers des autocars. Conséquence : non seulement BlaBlaCar facilite le déplacement de personnes et d’objets dangereux, mais il crée aussi des conditions inégales, ses coûts de fonctionnement étant beaucoup moins élevés.

Mais ce qui révolte le plus la Fédération des autocaristes, c’est la rubrique « Partenaires » sur le site russe de BlaBlaCar. Dans cette rubrique, les particuliers souhaitant transporter plus de huit personnes peuvent renseigner leurs trajets. Et pour déguiser ces chauffeurs particuliers en chauffeurs professionnels, BlaBlaCar a même prévu le coup : il a un contrat avec un autocariste, qui prête sa dénomination juridique pour ces types de covoiturages qui n’en ont que le nom. Le produit de ces courses, vendues un peu moins cher que les services des autocaristes établis, échappe aux prélèvements sociaux et aux impôts et déstabilise le marché, rappellent les plaignants.






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