L'aide à l'embauche d'un alternant sur la sellette ?



16/04/2024

L’annonce gouvernementale concernant la possible suppression de l'aide à l'embauche des alternants suscite une vive réaction dans le monde du management et de l'entreprise. Cette aide, dont l’importance s’est accrue depuis sa mise en place en juillet 2020 pour contrer les effets économiques de la pandémie, a soutenu l'intégration de nombreux jeunes dans le milieu professionnel.


L’aide à l’embauche : une solution contre le chômage

Initialement instaurée pour stimuler l'emploi des jeunes face à la crise sanitaire, l'aide à l'embauche des alternants a permis de réduire le coût d'intégration de cette population au sein des entreprises. Avec une subvention pouvant atteindre 6 000 euros par embauche, les entreprises ont eu davantage de latitude pour développer des programmes de formation adaptés, renforçant ainsi leur capacité d'innovation et de renouvellement des compétences internes. Les aides étaient progressives en fonction de la durée et du type de contrat.

Le projet de suppression de cette aide, prévu pour le 1er mai 2024, intervient dans un contexte de réajustement budgétaire où le gouvernement cherche à réduire le déficit public. Pour les départements de ressources humaines, cette suppression représente un défi de taille : comment maintenir une politique d'intégration des jeunes talents sans compromettre l'équilibre financier de l'entreprise ? La fin de cette aide pourrait ralentir l'adoption de contrats en alternance, jugés coûteux sans le soutien financier étatique, et limiter la diversité des profils recrutés.

La CPME critique vivement l’annonce

La Confédération des PME a notamment exprimé des préoccupations, soulignant que l'alternance est un vecteur essentiel de professionnalisation et d'adaptation de la main-d'œuvre aux évolutions du marché. L'enjeu est donc double : économique, mais également stratégique, car il s'agit de préserver un vivier de talents formés en adéquation avec les besoins spécifiques des entreprises.

La suppression de l’aide est d’autant plus étonnante que le gouvernement a mis l’accent sur la formation et l’alternance ces dernières années comme levier de lutte contre le chômage. Le gouvernement a toujours pou objectif d’atteindre le plein emploi, bien que de plus en plus d’observateurs remettent en doute la possibilité d’y parvenir.