​Gattaz menace de ne pas appliquer le compte pénibilité, il est rappelé à l'ordre



29/06/2016

Le compte pénibilité, ce nouveau dispositif très critiqué par les entreprises car contraignant et qui est censé permettre de prendre en compte la pénibilité d'un travail dans le calcul de la retraite (entre autres) devrait entrer en vigueur le 1er juillet 2016. Les entreprises, toutefois, ne seraient pas totalement prêtes et demandent que la date de mise en place soit reportée. Pierre Gattaz, lui, a tout simplement menacé de ne pas l'appliquer.


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Le président du Medef a toujours critiqué le compte pénibilité qu'il considère comme une bombe à retardement. Deux jours avant sa théorique mise en place, le 29 juin 2016, il a déclaré aux journalistes " Nous ne savons pas comment faire le 1er juillet, donc nous n'appliquerons pas." Un message très clair adressé au gouvernement qui a validé la réforme.

"C'est beaucoup trop compliqué, c'est inapplicable" a déclaré le président du Medef bien que le compte pénibilité soit en place depuis 2015. Ce sont les nouveaux paramètres qui seraient difficiles à appliquer car difficiles à quantifier à l'heure actuelle : postures pénibles, manutentions manuelles de charges, agents chimiques, vibrations mécaniques, températures extrêmes et bruit. Quatre paramètres sont déjà comptés : travail de nuit, travail répétitif, en horaires alternants ou milieu hyperbare (sous-marin).

Marisol Touraine, ministre des Affaires Sociales, a vivement critiqué la posture de Pierre Gattaz. Dans un communiqué publié le 29 juin 2016 après les déclarations du Medef, elle rappelle que " Des mesures de simplification ont été prises, qui passent par des référentiels de branches".

"Il est inacceptable que le Medef appelle à ne pas appliquer une loi de la République" a déclaré la ministre tout en taclant le Medef : "la démocratie ne s'arrête pas aux portes" du patronat.