Shein, Temu, AliExpress, Wish... : vers une enquête européenne systémique
Depuis début novembre 2025, la polémique autour de Shein s’est intensifiée. Les autorités françaises ont découvert sur son site des produits choquants : poupées sexuelles d’apparence enfantine et armes prohibées. Immédiatement, l’attention s’est portée au-delà de la France, vers l’ensemble du marché unique européen. Sous le feu des critiques, Shein se voit désormais bousculée dans ses fondations, alors que les règles européennes encadrant les plateformes en ligne s’imposent avec force.
La Commission européenne (CE) a formellement adressé, le 26 novembre 2025, une demande d’information à Shein dans le cadre du Digital Services Act (DSA). Elle exige des « informations détaillées et des documents internes » sur les mécanismes mis en place pour éviter que des produits illégaux ne soient vendus, et pour empêcher que des mineurs soient exposés à des contenus inappropriés.
Selon la Commission, les premières constatations en France — vente de poupées sexuelles d’apparence enfantine et d’armes — suffisent à suspecter un « risque systémique » concernant l’ensemble des consommateurs de l’Union. Cette demande d’information est la troisième que la Commission européenne adresse à l’entreprise, signe d’une intensification du contrôle. Dans le même temps, le Parlement européen (PE) a adopté une résolution — à main levée — appelant à l’application rapide et ferme du DSA et du General Product Safety Regulation (GPSR) face aux plateformes non conformes telles que Shein, ainsi que Temu, AliExpress et Wish. Les eurodéputés demandent notamment que la suspension temporaire d’une plateforme, jusque-là envisagée comme une mesure d’exception, puisse devenir une sanction standard en cas de manquements graves et répétés.
Tout est parti d’une alerte lancée en novembre 2025 par les autorités françaises. Lors de contrôles, la DGCCRF a identifié sur le site de Shein des articles illégaux : des poupées sexuelles à l’apparence infantile et des armes de catégorie A — armes à feu, grandes lames, machettes. En réaction, le gouvernement français a demandé la suspension temporaire de Shein. Le 5 novembre 2025, Shein a fermé sa marketplace en France, supprimant les produits litigieux — mais son site principal (vêtements, accessoires) est resté accessible. Malgré le retrait des produits, les poursuites judiciaires se poursuivent et un jugement concernant une suspension pour trois mois est en attente devant un tribunal. L’audience a été reportée au 5 décembre 2025.
La Commission européenne (CE) a formellement adressé, le 26 novembre 2025, une demande d’information à Shein dans le cadre du Digital Services Act (DSA). Elle exige des « informations détaillées et des documents internes » sur les mécanismes mis en place pour éviter que des produits illégaux ne soient vendus, et pour empêcher que des mineurs soient exposés à des contenus inappropriés.
Selon la Commission, les premières constatations en France — vente de poupées sexuelles d’apparence enfantine et d’armes — suffisent à suspecter un « risque systémique » concernant l’ensemble des consommateurs de l’Union. Cette demande d’information est la troisième que la Commission européenne adresse à l’entreprise, signe d’une intensification du contrôle. Dans le même temps, le Parlement européen (PE) a adopté une résolution — à main levée — appelant à l’application rapide et ferme du DSA et du General Product Safety Regulation (GPSR) face aux plateformes non conformes telles que Shein, ainsi que Temu, AliExpress et Wish. Les eurodéputés demandent notamment que la suspension temporaire d’une plateforme, jusque-là envisagée comme une mesure d’exception, puisse devenir une sanction standard en cas de manquements graves et répétés.
Tout est parti d’une alerte lancée en novembre 2025 par les autorités françaises. Lors de contrôles, la DGCCRF a identifié sur le site de Shein des articles illégaux : des poupées sexuelles à l’apparence infantile et des armes de catégorie A — armes à feu, grandes lames, machettes. En réaction, le gouvernement français a demandé la suspension temporaire de Shein. Le 5 novembre 2025, Shein a fermé sa marketplace en France, supprimant les produits litigieux — mais son site principal (vêtements, accessoires) est resté accessible. Malgré le retrait des produits, les poursuites judiciaires se poursuivent et un jugement concernant une suspension pour trois mois est en attente devant un tribunal. L’audience a été reportée au 5 décembre 2025.
Vers un tournant pour l’e-commerce asiatique en Europe
L’affaire Shein dépasse largement le cas d’un seul acteur. Les récents événements exposent les limites de la régulation actuelle et soulignent le risque croissant posé par les plateformes asiatiques à bas coût, distribuées massivement en Europe.
Déjà en mai 2025, la Commission avait sanctionné Shein pour pratiques commerciales trompeuses : fausses réductions, pression à l’achat, étiquetage trompeur ou opaque, service client quasi inaccessible. Une amende de 40 millions d’euros avait ainsi été infligée à l’entreprise par la DGCCRF pour violation des normes de protection des consommateurs.
Mais l’affaire actuelle implique des sujets plus graves encore : sécurité des produits, protection des mineurs, commerce de biens dangereux. Face à cela, le Parlement européen exige que les plateformes comme Shein, Temu, AliExpress ou Wish soient soumises à des contrôles drastiques, et que des sanctions — jusqu’à la suspension — soient possibles en cas de manquement.
De plus, cette mobilisation s’inscrit dans un contexte plus large de durcissement des règles d’importation de biens hors UE.
L’essor des petits paquets à bas coût en provenance de Chine (souvent en dessous du seuil d’imposition) fragilise les régulations existantes. Plusieurs États membres, dont la France, militent pour des réformes douanières plus strictes. À terme, le modèle de l’e-commerce ultra-bon marché, fondé sur le volume, la réactivité et des chaînes d’approvisionnement lointaines, pourrait perdre de son attractivité face au renforcement des contrôles de conformité, de sécurité et de transparence — trois piliers essentiels pour l’Union.
Déjà en mai 2025, la Commission avait sanctionné Shein pour pratiques commerciales trompeuses : fausses réductions, pression à l’achat, étiquetage trompeur ou opaque, service client quasi inaccessible. Une amende de 40 millions d’euros avait ainsi été infligée à l’entreprise par la DGCCRF pour violation des normes de protection des consommateurs.
Mais l’affaire actuelle implique des sujets plus graves encore : sécurité des produits, protection des mineurs, commerce de biens dangereux. Face à cela, le Parlement européen exige que les plateformes comme Shein, Temu, AliExpress ou Wish soient soumises à des contrôles drastiques, et que des sanctions — jusqu’à la suspension — soient possibles en cas de manquement.
De plus, cette mobilisation s’inscrit dans un contexte plus large de durcissement des règles d’importation de biens hors UE.
L’essor des petits paquets à bas coût en provenance de Chine (souvent en dessous du seuil d’imposition) fragilise les régulations existantes. Plusieurs États membres, dont la France, militent pour des réformes douanières plus strictes. À terme, le modèle de l’e-commerce ultra-bon marché, fondé sur le volume, la réactivité et des chaînes d’approvisionnement lointaines, pourrait perdre de son attractivité face au renforcement des contrôles de conformité, de sécurité et de transparence — trois piliers essentiels pour l’Union.
Plateformes e-commerce asiatiques : des perspectives loin d'être radieuses en Europe
La Commission européenne pourrait transformer sa simple demande d’information en enquête formelle. En cas de violations avérées, des amendes pourraient atteindre jusqu’à 6% du chiffre d’affaires annuel de Shein, comme le prévoit le DSA. Le vote du Parlement européen ouvre la voie à un durcissement législatif : la suspension temporaire des plateformes deviendrait un outil normalisé dans la lutte contre les biens illicites ou dangereux vendus en ligne. Les autres plateformes asiatiques à bas coût, comme Temu, sont désormais dans le collimateur. L’affaire Shein pourrait servir de précédent pour des contrôles similaires à leur encontre.
Enfin, les États membres pourraient s’accorder pour accélérer la réforme douanière — notamment en supprimant l’exonération de droits de douane pour petits colis importés hors UE — ce qui fragiliserait le modèle économique fondé sur l’importation de masse de biens bon marché.
Enfin, les États membres pourraient s’accorder pour accélérer la réforme douanière — notamment en supprimant l’exonération de droits de douane pour petits colis importés hors UE — ce qui fragiliserait le modèle économique fondé sur l’importation de masse de biens bon marché.