Sécurité sociale : un déficit 2025 contenu, mais des déséquilibres profonds entre les branches



François Lapierre
20/03/2026

Moins élevé qu’anticipé, le déficit de la Sécurité sociale en 2025 n’en demeure pas moins significatif. Derrière un ajustement à la marge des prévisions, l’analyse détaillée des branches révèle des tensions persistantes, notamment dans la maladie et la vieillesse, qui interrogent la soutenabilité du modèle social français.


Sécurité sociale : un déficit 2025 en amélioration relative

Le déficit de la Sécurité sociale pour 2025 s’établit à 21,6 milliards d’euros, contre 22,1 milliards d’euros initialement inscrits dans la loi de financement, et jusqu’à 23 milliards d’euros dans certaines projections parlementaires, selon La Tribune. L’écart, estimé à environ 1,4 milliard d’euros, s’explique essentiellement par une moindre progression des dépenses. 

Pour autant, la trajectoire reste défavorable. En 2024, le déficit s’élevait à 15,3 milliards d’euros, d’après la Cour des comptes. La dégradation atteint donc plus de 6 milliards d’euros en un an, traduisant une accélération du déséquilibre. Cette évolution confirme une tendance structurelle : les comptes sociaux restent fragiles et sensibles aux variations de dépenses, malgré des prévisions parfois optimistes.
 

Un déséquilibre structurel persistant

L’analyse du déficit met en évidence un désajustement durable entre recettes et dépenses. Selon Vie-publique.fr, les dépenses sociales ont progressé de 5,3 % en 2024 puis de 3,6 % en 2025, tandis que les recettes n’ont augmenté que de 2,4 %. Ce différentiel constitue le principal moteur du déficit. Il reflète à la fois des facteurs démographiques, économiques et structurels. Le vieillissement de la population, la hausse des pathologies chroniques et les coûts de l’innovation médicale contribuent à une croissance soutenue des dépenses.

Dans le champ de l’assurance maladie, ces tensions sont particulièrement visibles. Le déficit de la branche s’établit à 15,9 milliards d’euros en 2025, contre 17,2 milliards d’euros attendus initialement. L’ONDAM atteint en effet 265,4 milliards d’euros, soit environ 500 millions d’euros de moins que le niveau voté, selon Parlons Politique. 

Cependant, cette modération ponctuelle ne suffit pas à compenser la tendance de fond. Les dépenses continuent de croître à un rythme supérieur aux ressources, ce qui alimente mécaniquement le déficit.
 

Sécurité sociale : des branches inégalement touchées par le déficit

La décomposition du déficit par branche permet de mieux comprendre les ressorts du déséquilibre. La branche maladie concentre l’essentiel du déficit. Avec 15,9 milliards d’euros en 2025, elle représente à elle seule une part majoritaire du déséquilibre global. Cette situation s’explique par la dynamique des dépenses de soins, mais aussi par des marges de manœuvre limitées sur les recettes.

En parallèle, la branche vieillesse voit sa situation se dégrader. Son déficit atteint 7,2 milliards d’euros, contre 6,3 milliards d’euros anticipés quelques mois plus tôt, selon Parlons Politique. Cette évolution traduit l’effet du vieillissement démographique, avec une augmentation du nombre de retraités et des pensions versées.

Ces deux branches, maladie et vieillesse, apparaissent ainsi comme les principaux foyers de tension. Elles tirent l’ensemble des comptes sociaux vers le bas, malgré des efforts de régulation. Selon Hospimedia, la branche autonomie reste proche de l’équilibre, limitant partiellement la dégradation globale. Néanmoins, cet effet demeure marginal au regard des déficits enregistrés ailleurs.