Rouler sans assurance, une pratique qui a la vie dure en France



Anton Kunin
18/10/2022

Les Français sont nombreux à ne pas posséder d’assurance pour leur véhicule. Rien que parmi les conducteurs ayant provoqué des accidents, sur la seule année 2021, le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires de dommages (FGAO) a répertoriés 22.983 individus dans cette situation.


Les conducteurs non assurés provoquent toujours beaucoup d’accidents

Combien d’automobilistes roulent sans assurance en France ? Malgré la création en 2019 du Fichier des véhicules assurés et l’arrivée de radars nouvelle génération, la police ne le sait toujours pas. Les accidents donnent néanmoins le prétexte de vérifier la possession ou non d’une assurance par le conducteur. D’après le dernier bilan annuel du Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires de dommages (FGAO), qui indemnise les victimes d’accidents de la route, en 2021, 22.983 personnes ont été victimes d’accidents provoqués par des conducteurs non assurés.

Ce chiffre est certes en baisse de 13% par rapport à 2019, il n’en reste pas moins qu’il est très élevé. Autre sujet d’inquiétude : les délits de fuite. Ces derniers augmentent de manière considérable depuis dix ans. Le coût associé est proportionnellement important pour le FGAO puisque celui-ci prend en charge les victimes corporelles d’accidents lorsque l’auteur est inconnu. Les montants pris en charge dans ces cas de figure sont en hausse de 34% depuis 2011.

Provoquer un accident sans être assuré, c’est aussi un lourd fardeau sur le plan financier

Il faut savoir que le défaut d’assurance constitue un délit. Celui-ci est lourdement sanctionné : 750 euros, puis 3.750 euros en cas de récidive. Le juge prononce par ailleurs fréquemment des peines complémentaires (suspension ou annulation du permis avec interdiction de le repasser, confiscation du véhicule…).

Sur le plan financier, non seulement l’auteur d’un accident doit débourser de sa poche les sommes correspondant à l’indemnisation des victimes, mais cette somme est aussi majorée de 10%. « Suivant la gravité de l’accident, ces sommes peuvent atteindre plusieurs millions d’euros », fait savoir le FGAO.