Retourner la table comme Manuel Valls, la méthode de management ultime ?



26/08/2014

Tout le monde a été surpris lundi 25 août par le coup de poker de Manuel Valls, annonçant qu'il "démissionnait" son gouvernement. Certains ministres n'y croyaient tellement pas qu'ils ont déclaré aux médias qu'ils restaient à leur poste ! Ou quand la surprise devient une méthode de management..


Et si Manuel Valls avait eu raison ? Plutôt que d'avaler des couleuvres à longueur de semaine, comme Jean-Marc Ayrault, son prédécesseur, voici que Manuel Valls vire tout le monde à peine cinq mois après son entrée en fonction, et repart de zéro. Cette innovation politique, qui a surpris à gauche comme à droite, dans l'opposition comme au gouvernement, est peut-être le signe qu'une nouvelle forme de management émerge. 

Terminée la négociation, voici le temps de la méthode forte, incarnée, sur l'échiquier politique international, par Vladimir Poutine. Une vidéo vieille de trois ans tourne en boucle sur les réseaux sociaux, et montre l'homme fort du Kremlin imposant sa volonté à un chef d'entreprise qui menaçait  de fermer une usine.




On sait Manuel Valls sanguin. A plusieurs reprises, il a déclenché l'ire de ses adversaires politiques, parfois même dans son propre camp. La preuve, avec la fronde de Montebourg, Hamon et Fillipetti, qui l'accusent d'être imbuvable ! 

Pourtant, en ces temps durs, aseptisés par notre monde de communication qui lisse tout, c'est peut-être Manuel Valls qui est dans le vrai. On crève des négociations qui n'en finissent pas, aboutissant sur des consensus mièvres. Quand on voit l'inertie face au problème majeur du logement, la crise de l'immobilier et de la construction, éléments clefs de la relance, on se dit qu'il faudrait que toutes les digues sautent pendant quelques mois pour relancer la machine. 

Manuel Valls sera-t-il l'homme du changement tant promis par François Hollande ? En tout cas, sa méthode, elle, change de ce qui a été fait à Matignon jusqu'ici par ses prédécesseurs.