« Plan d’épargne avenir climat » : qu’attendre de ce nouveau livret bancaire ?



Anton Kunin
17/05/2023

Annoncé par le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, le 16 mai 2023, le « Plan d’épargne avenir climat » visera à canaliser l'épargne privée vers le financement de l'industrie « verte ».


« Plan d’épargne avenir climat » : Bruno Le Maire promet une rémunération supérieure à celle du Livret A

Un nouveau livret bancaire réglementé (et disponible dans tous les établissements bancaires donc) verra prochainement le jour : c’est le « Plan d’épargne avenir climat ». Ce plan d'épargne pourra être ouvert par les parents dès la naissance de leur enfant. Et à sa majorité, l’enfant pourra se présenter à la banque pour décider du sort des sommes épargnées. En d’autres mots, les sommes seront bloquées jusqu’à la majorité du bénéficiaire (sauf événement exceptionnel dans sa vie). Cela, afin de faciliter le financement de projets « longs », qui ne procurent pas de retour sur investissement immédiat.

« L’industrie demande beaucoup de capital. Il y a du capital public (…) mais il faut aussi que l’épargne privée soit mobilisée », a déclaré le ministre de l’Economie et des Finances, lors d’un entretien à BFM TV/RMC. L'affectation des fonds sera contrôlée par la Caisse des dépôts, garantissant ainsi que cette épargne contribuera bien à la lutte contre le changement climatique. Pour l’épargnant, l’avantage devrait être double : ce livret offrira une rémunération supérieure à celle du Livret A et bénéficiera d'une fiscalité très avantageuse : zéro impôt et zéro cotisation.

Le flou autour des modalités d’abondement suscite des craintes

Certains spécialistes du secteur sont néanmoins dubitatifs au sujet de ce nouveau livret. « Le plus grand flou domine sur ce nouveau produit : sur la rémunération, Bruno Le Maire plaide pour un taux supérieur à celui du Livret A, mais ne la garantit pas. Sur la garantie en capital, qui ne sera a priori pas à 100% avant l’échéance. Sur l’abondement, dont on ne sait le niveau, ni qui le versera », a déclaré Maxime Chipoy, président de MoneyVox.

Comme l’explique Maxime Chipoy, s’il se trouve que c’est aux banques d’abonder la rémunération de ce livret, elles feront tout pour ne pas les vendre. À l’inverse, si l’État abonde fortement ce plan, ce sera un nouveau trou dans ses caisses pour un cadeau fait aux plus aisés : « seuls les ménages les plus confortables peuvent se permettre d’ouvrir et d’alimenter une épargne non garantie et bloquée pendant 18 ans pour leurs enfants », estime le président de MoneyVox.