Norvège : le fonds souverain conditionne ses investissements à la parité



Paolo Garoscio
16/02/2021

Si la situation s’améliore, poussée par des décisions publiques comme en France, les directions de nombreuses entreprises restent à majorité masculines. Ce n’est plus du goût du fonds souverain norvégien, le plus important du monde, qui a annoncé vouloir plus de diversité.


Plus de parité hommes-femmes dans les entreprises

Pixabay/jmexclusives
Dans son dernier exposé de position, publié lundi 15 février 2021, le fonds souverain norvégien pourrait avoir lancé un changement radical dans la stratégie des entreprises : il demande à ce qu’il y ait plus de diversité dans les conseils d’administration dans le monde. « Les conseils d’administration où l’un des sexes a une représentation de moins de 30% devraient envisager de mettre en place des objectifs de diversité des genres et de documenter les progrès ».

Les conseils d’administration des grandes entreprises restent en effet toujours très masculins, avec moins de 30% de femmes en moyenne dans les CdA des 30 plus grandes entreprises d’Allemagne, France, États-Unis ou encore Suède. Une situation que l’institution dirigée par Yngve Slyngstad aimerait voir changer dans les années à venir.

Une décision importante pour l’avenir des investissements du fonds norvégien

Avec une dotation de 1.035 milliards d’euros fin 2020 (près de 1,5% de la capitalisation boursière mondiale), en forte hausse grâce à la reprise de la Bourse après le krach de mars 2020, le fonds norvégien prend des décisions qui sont souvent suivies par d’autres fonds d’investissement moins importants mais soucieux de la RSE des entreprises auxquelles ils font confiance. Naturellement, les plus de 9.200 entreprises dans lequel le fonds souverain norvégien a déjà investi de l’argent seront scrutées de près par l’institution.

Selon l’exposé de position, « la diversité apportera probablement des perspectives et approches supplémentaires aux discussions du conseil d’administration et améliorera in fine la qualité de ses processus de décision ».