Ecotaxe : réunion de crise à Matignon



28/10/2013

Le temps est compté pour le gouvernement qui craint que de la fronde bretonne parte un mouvement plus général d'opposition à la fiscalité en place depuis le début du quinquennat Hollande. Pour cette raison, Jean-Marc Ayrault recevra mardi matin les élus bretons et les ministres concernés par l'écotaxe.


La Bretagne s'est embrasée ce week-end au sujet de l'écotaxe qui doit entrer en vigueur au 1er janvier prochain.
La Bretagne est en feu pour contester l'application de l'écotaxe poids lourds qui doit être mise en place au 1er janvier 2014. Le gouvernement envisage, faisant en quelque sorte marche arrière, d'amender le dispositif. Ce lundi, c'est Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture, qui a remis à Matignon une série d'aménagements pour tenter de calmer le jeu avec les agriculteurs bretons, qui semblent décidé à ne rien lâcher.

Pour tenter d'amadouer les manifestants, le gouvernement pourrait donc augmenter la détaxe de 50 % accordée à la Bretagne du fait de son éloignement géographique avec le reste de l'Europe. Stéphane Le Foll a estimé sur ce sujet qu'il s'agissait "d'une bonne piste de réflexion".

En ce qui concerne l'exonération d'autres produits, comme cela a été décidé pour le lait notamment, le ministre de l'Agriculture a également promis "des mesures pour l'agriculture et pour l'agroalimentaire".

Mais ces mesures ne répondent pas, pour l'instant, aux exigences de la FNSEA, le principal syndicat agricole en pointe sur les barricades de Bretagne, qui réclame un ajournement de deux ans pour cette écotaxe poids lourds, le temps que la situation agroalimentaire française s'améliore.
L'ajournement et pas la suppression. Le syndicat insiste sur ce point en précisant que les manifestants comprennent la nécessité de trouver des ressources économiques, mais que cela ne se face pas aux dépends d'une profession qui peine déjà à joindre les deux bouts à la fin du mois.

En vue évidemment 2014, date à laquelle l'écotaxe devrait être mise en place si le gouvernement ne lâche rien. Or les agriculteurs estiment que cette année ne sera pas une année de retour de la croissance et que l'emploi risque encore de se dégrader, à fortiori pour la branche agroalimentaire. Le report de deux ans serait donc un minimum, pour la FNSEA.

En attendant les Bretons ne lâchent rien et appellent d'ores et déjà à une grande manifestation, samedi 2 novembre, à Quimper.