Changement de pilote à la tête d’Airbus



Aurélien Delacroix
10/04/2019

Tom Enders a cédé les rênes d’Airbus à Guillaume Faury, patron de la branche aviation civile et ancien directeur de la division Airbus Helicopters. Un passage de témoin pour une entreprise qui fait face à de sérieux défis.


Guillaume Faury hérite d’une entreprise en pleine forme. Le carnet de commandes est plein (plus de 7 300 avions à livrer), ce qui assure à Airbus et ses employés du travail pour les dix prochaines années. Mais tout n’est pas rose pour le constructeur européen, qui a un besoin urgent de renforcer ses capacités de production, en particulier celles de l’A320neo. L’appareil pèse lourd dans l’activité d’Airbus : 626 des 800 avions livrés l’an dernier étaient des A320. Et on compte 6 500 appareils de cette famille dans le carnet de commandes de la société.

Augmenter la cadence de la production est donc un impératif pour le nouveau patron, et ce ne sera pas facile. La chaîne d’assemblage d’Airbus est particulièrement complexe, ce d’autant que l’avionneur européen doit composer avec le retard de ses fournisseurs de moteurs (CFM International et surtout Pratt & Whitney). L’A320 n’est pas le seul programme dont la production doit se renforcer ; l’A220, issu du CSerie de Bombardier, ainsi que l’A350 — qui va concurrencer plus durement Boeing sur le segment long courrier — doivent aussi accélérer le rythme.

Tom Enders a cependant facilité la tâche de son successeur sur au moins deux points. D’une part, le programme de l’avion de transport militaire A400M a été redressé et les résultats commencent à porter leurs fruits. Et puis l’A380 va tirer sa révérence en 2021, avec ses ultimes livraisons. Le très gros porteur d’Airbus n’a pas connu le succès escompté et l’entreprise s’est résolue à en arrêter la production.

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