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 <title>Carnets de l'Economie</title>
 <subtitle><![CDATA[Tout l'univers du décideur, pour vivre dans un monde d'opportunités]]></subtitle>
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 <updated>2026-04-22T01:11:36+02:00</updated>
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   <title>Made in France : un problème de prix pour les entreprises françaises</title>
   <updated>2026-03-18T10:01:00+01:00</updated>
   <id>https://www.carnetsdeleconomie.fr/Made-in-France-un-probleme-de-prix-pour-les-entreprises-francaises_a3055.html</id>
   <category term="Stratégies" />
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   <published>2026-03-18T09:59:00+01:00</published>
   <author><name>François Lapierre</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le Made in France conserve une image solide auprès des acheteurs européens, mais l’étude Rexecode-SKEMA révèle un déséquilibre croissant entre qualité perçue et compétitivité-prix. Un signal préoccupant pour les entreprises françaises, directement confrontées à un arbitrage de plus en plus défavorable sur les marchés internationaux.     <div><b>Made in France : une compétitivité hors-prix solide mais incomplète</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.carnetsdeleconomie.fr/photo/art/default/95429080-66741381.jpg?v=1773824494" alt="Made in France : un problème de prix pour les entreprises françaises" title="Made in France : un problème de prix pour les entreprises françaises" />
     </div>
     <div>
      Publiée le 17 mars 2026, l’étude conjointe de Rexecode et de SKEMA Business School apporte un éclairage précis sur la perception des produits français par les importateurs européens. Réalisée auprès d’environ 480 à 500 acheteurs dans six pays, elle évalue la compétitivité du Made in France à partir de critères déterminants pour les décisions d’achat : qualité, innovation, design, prix ou encore rapport qualité-prix. Ces résultats mettent en évidence un positionnement ambivalent, porteur d’opportunités mais aussi de risques pour la production et le commerce extérieur. <br />   <br />  <strong>Premier enseignement de l’étude : les produits français continuent de bénéficier d’une image favorable sur les critères dits « hors-prix ». </strong>Les acheteurs européens saluent notamment la qualité, l’innovation et le design, autant d’éléments différenciants dans la compétition internationale. <br />   <br />  Concrètement, la France se positionne dans le trio de tête sur ces critères dans trois des quatre secteurs étudiés. Elle atteint la 2e place dans l’agroalimentaire et la 3e place dans la pharmacie-hygiène-beauté ainsi que dans l’habillement. Ce socle constitue un avantage concurrentiel réel pour les entreprises françaises, en particulier sur les segments premium ou à forte valeur ajoutée. <br />   <br />  Toutefois, cette compétitivité qualitative reste partielle. Certains secteurs, comme l’équipement du logement, apparaissent en retrait. Plus largement, l’étude souligne un manque de cohérence globale dans la chaîne de valeur. <strong>« La compétitivité française repose sur des fondamentaux qualitatifs réels, mais fragmentés », analyse Marlène Goncalves Andrade, économiste à Rexecode.</strong> Pour les entreprises, cela signifie que l’image du Made in France reste un atout marketing et commercial, mais qu’elle ne suffit plus à elle seule à sécuriser des parts de marché. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Made in France : le prix qui pèse sur la consommation et l’importation</b></div>
     <div>
      <strong>Le point central de l’étude concerne la compétitivité-prix, identifiée comme la principale faiblesse du positionnement français.</strong> Dans plusieurs secteurs, les produits français sont jugés plus chers que ceux de leurs concurrents européens ou internationaux. Le constat est particulièrement marqué dans la pharmacie et l’hygiène-beauté, où la France se classe dernière sur dix pays en termes de compétitivité-prix. Dans l’agroalimentaire et l’équipement du logement, elle se situe également dans la seconde moitié du classement. <br />   <br />  Cette perception a un impact direct sur les décisions d’achat. Comme le souligne Laurent Ferrara, professeur d’économie internationale à SKEMA,<strong> « notre problème principal vient du fait que les prix des produits sont jugés peu compétitifs, cela affecte le rapport qualité-prix qui est jugé médiocre ».</strong> <br />   <br />  Pour les entreprises, l’enjeu est immédiat : même avec une qualité reconnue, un différentiel de prix trop élevé peut conduire à un arbitrage défavorable de la part des distributeurs et importateurs. Le critère du coût reste déterminant dans la sélection des fournisseurs. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Dégradation du rapport qualité-prix : un signal d’alerte pour les entreprises</b></div>
     <div>
      L’un des résultats les plus significatifs de l’étude réside dans la dégradation du rapport qualité-prix perçu<strong>. En 2026, la France ne figure plus dans la première moitié du classement dans aucun des quatre secteurs analysés.</strong> Elle se positionne notamment au 6e rang dans l’agroalimentaire et la pharmacie-hygiène-beauté, et au 9e rang dans l’habillement. Ce recul marque une évolution notable par rapport à 2022, où certaines positions étaient encore plus favorables. <br />   <br />  Cette dégradation traduit un changement de perception. Les acheteurs européens ne remettent pas en cause la qualité des produits français, mais estiment que celle-ci ne compense plus leur niveau de prix. Pour les entreprises, ce signal est critique. Il indique que le positionnement premium atteint ses limites dès lors qu’il n’est pas aligné avec les attentes du marché. La valeur perçue ne suffit plus à justifier un écart tarifaire important. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Conséquences sur la production, les exportations et la stratégie commerciale</b></div>
     <div>
      Les conclusions de l’étude trouvent un écho direct dans les performances du commerce extérieur.<strong> Dans certains secteurs, la France parvient à maintenir ou à renforcer sa position, notamment dans l’habillement, où sa part dans les exportations européennes est passée de 12,1 % à 18,6 % entre 1995 et 2024.</strong> <br />   <br />  En revanche, dans l’agroalimentaire, la pharmacie et l’équipement du logement, la part de la France a été divisée par deux sur la même période. Cette évolution confirme que le manque de compétitivité-prix se traduit par une perte de parts de marché. <br />   <br />  Dans ce contexte, la concurrence internationale s’intensifie. L’Allemagne conserve une forte réputation industrielle, l’Italie reste une référence en matière de design, tandis que les pays d’Europe centrale et orientale bénéficient d’un avantage tarifaire structurel. Parallèlement, la Chine progresse sur les critères qualitatifs, réduisant l’écart avec les standards européens. <br />   <br />  Au-delà des performances commerciales, l’étude pose la question de la soutenabilité du modèle industriel français. La capacité à produire en France tout en restant compétitif sur les prix constitue un défi central. Comme le souligne Olivier Redoulès, directeur des études de Rexecode, « la compétitivité hors-prix constitue un facteur déterminant de résilience pour nos exportateurs ». Mais cette résilience ne peut compenser durablement un handicap tarifaire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>ONU : un déséquilibre structurel dans le financement de la nature</title>
   <updated>2026-01-23T11:10:00+01:00</updated>
   <id>https://www.carnetsdeleconomie.fr/ONU-un-desequilibre-structurel-dans-le-financement-de-la-nature_a3032.html</id>
   <category term="Economie &amp; Politique" />
   <photo:imgsrc>https://www.carnetsdeleconomie.fr/photo/art/imagette/93847933-65521582.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-01-23T11:04:00+01:00</published>
   <author><name>François Lapierre</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le 22 janvier 2026, le Programme des Nations unies pour l’environnement a publié l’édition 2026 de son rapport State of Finance for Nature. Ce document de référence analyse les flux financiers mondiaux liés à la nature et compare les montants investis dans des activités favorables à la protection des écosystèmes avec ceux qui contribuent à leur dégradation. Les résultats mettent en lumière un écart significatif, aux implications économiques et sociales croissantes.     <div><b>Des investissements mondiaux encore majoritairement défavorables à la nature</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.carnetsdeleconomie.fr/photo/art/default/93847933-65521582.jpg?v=1769163012" alt="ONU : un déséquilibre structurel dans le financement de la nature" title="ONU : un déséquilibre structurel dans le financement de la nature" />
     </div>
     <div>
      Selon l’ONU, la structure actuelle des investissements reste largement orientée vers des activités à impact environnemental négatif. <strong>En 2023, les flux financiers identifiés comme nuisibles à la nature ont représenté environ 7 300 milliards de dollars, soit l’équivalent de près de 6 700 milliards d’euros après conversion.</strong> Ces montants concernent principalement des secteurs clés de l’économie mondiale, tels que l’énergie, l’agriculture intensive, l’extraction de ressources naturelles, l’industrie lourde et les infrastructures. <br />   <br />  À l’inverse, les investissements consacrés aux solutions dites fondées sur la nature – restauration des écosystèmes, gestion durable des sols, protection de l’eau et des forêts – <strong>se sont élevés à environ 220 milliards de dollars en 2023, soit un peu plus de 200 milliards d’euros</strong>. L’ONU souligne ainsi qu’à l’échelle mondiale, pour chaque euro investi dans la protection de la nature, près de trente euros financent des activités qui contribuent à sa dégradation. <br />   <br />  Le rapport précise que la majorité des flux financiers défavorables à la nature provient du secteur privé, même si ces investissements sont souvent soutenus indirectement par des subventions ou des cadres réglementaires nationaux. <strong>Pour l’ONU, cette configuration reflète des signaux économiques encore largement alignés sur des logiques de rendement à court terme.</strong>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un écart croissant avec les objectifs économiques de long terme</b></div>
     <div>
      L’ONU replace ces chiffres dans une perspective stratégique. Pour atteindre les objectifs internationaux en matière de climat, de biodiversité et de résilience des territoires,<strong> les investissements favorables à la nature devraient atteindre environ 571 milliards de dollars par an d’ici à 2030, soit un peu plus de 525 milliards d’euros. </strong>À ce stade, l’écart entre les niveaux actuels de financement et les besoins identifiés reste conséquent. <br />    Le rapport souligne également que l’augmentation des investissements dits « positifs » ne peut produire d’effets significatifs sans une réduction parallèle des flux financiers nuisibles. <strong>Autrement dit, la coexistence d’investissements massifs dans la protection de la nature et de financements encore plus importants dans des activités destructrices limite l’impact économique global des politiques environnementales.</strong> <br />    D’un point de vue stratégique, cette situation pose la question de la soutenabilité des modèles économiques dominants. Les coûts liés à la dégradation des écosystèmes – perturbations des chaînes d’approvisionnement, risques climatiques, tensions sur les ressources naturelles – sont de plus en plus identifiés comme des risques financiers à moyen et long terme. L’ONU souligne que ces risques restent encore insuffisamment intégrés dans les décisions d’investissement. <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Retraite : gouffre financier à l'horizon</title>
   <updated>2025-02-21T07:37:00+01:00</updated>
   <id>https://www.carnetsdeleconomie.fr/Retraite-gouffre-financier-a-l-horizon_a2895.html</id>
   <category term="Economie &amp; Politique" />
   <photo:imgsrc>https://www.carnetsdeleconomie.fr/photo/art/imagette/86671801-61618688.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-02-21T07:24:00+01:00</published>
   <author><name>François Lapierre</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Les partenaires sociaux disposent désormais d'un diagnostic clair sur la situation des retraites en France. Le rapport de la Cour des comptes met en lumière des « perspectives préoccupantes ».     <div><b>Des chiffres qui contredisent Matignon</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.carnetsdeleconomie.fr/photo/art/default/86671801-61618688.jpg?v=1740120554" alt="Retraite : gouffre financier à l'horizon" title="Retraite : gouffre financier à l'horizon" />
     </div>
     <div>
      <strong>Si aucune mesure n'est prise, le déficit des régimes de retraite pourrait atteindre jusqu'à 15 milliards d'euros en 2035, et entre 25 et 32 milliards d'euros d'ici 2045.</strong> Une dérive qui inquiète d'autant plus que la réforme de 2023, repoussant l'âge de départ à 64 ans, pourrait être remise en cause sous la pression des syndicats. <br />   <br />  Ce rapport, commandé par Matignon à la demande de François Bayrou, s'inscrit dans une volonté d'éclairer le débat social sur les retraites. L’objectif affiché est de « lever les blocages » et d'ouvrir la voie à des ajustements du système. <strong>Si les constats de la Cour des comptes ne révèlent pas de surprise majeure par rapport aux précédentes analyses du Conseil d’orientation des retraites (COR), ils apportent un nouvel éclairage sur la fragilité financière du modèle actuel.</strong> <br />   <br />  Le document de la Cour des comptes souligne que le système de retraite était en excédent au début des années 2020, avec un solde positif de 8,5 milliards d’euros en 2023, grâce aux réformes passées. Ce constat va à l’encontre des déclarations de François Bayrou, qui avait estimé en janvier un déficit de 55 milliards d'euros, en incluant les spécificités des régimes publics. <br />   <br />  <strong>Pierre Moscovici, président de la Cour des comptes, insiste sur le fait que la situation des retraites publiques et privées ne peut être comparée directement. </strong>Les taux de cotisation des employeurs publics sont plus élevés que ceux des entreprises, tandis que certains fonctionnaires peuvent partir plus tôt à la retraite en raison de la pénibilité de leur travail. Ce déséquilibre structurel pèse sur les finances publiques, mais ne justifie pas une lecture globale aussi alarmiste que celle avancée par Matignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Des pistes pour réformer les retraites</b></div>
     <div>
      <strong>La Cour des comptes estime que le déficit des retraites s'établira à -6,6 milliards d'euros en 2025, un chiffre qui restera stable jusqu'à la fin de la décennie. </strong>Cependant, les problèmes s'accentueront après 2030, notamment pour le régime général et les caisses des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers. Si rien n'est fait, la dette cumulée des retraites pourrait atteindre 470 milliards d'euros en 2045. <br />  Face à cette situation, la Cour des comptes évite de préconiser une voie unique, mais présente plusieurs options possibles. Parmi elles, un retour à un âge de départ à 63 ans, qui coûterait 5,8 milliards d'euros par an en 2035. <strong>Une autre solution consisterait à augmenter les cotisations sociales d'un point, ce qui générerait entre 4,8 et 7,6 milliards d'euros annuels.</strong> Toutefois, cette mesure pourrait peser sur la compétitivité des entreprises, un élément qui fera l'objet d'un rapport ultérieur. <br />  Autre élément notable : certaines caisses, notamment l'Agirc-Arrco, affichent des excédents. Ces ressources pourraient offrir des marges de manœuvre pour <a class="link" href="https://www.economiematin.fr/retraite-deficit-regle-capitalisation-moinier">équilibrer l'ensemble du système</a>. Les discussions entre syndicats et patronat, prévues à partir du 27 février, s’annoncent tendues. Les organisations de salariés continuent de réclamer l’abrogation de l’âge de départ à 64 ans, tandis que le gouvernement cherche à maintenir les équilibres financiers.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Industrie : l’État doit améliorer son soutien selon la Cour des Comptes</title>
   <updated>2024-12-03T10:49:00+01:00</updated>
   <id>https://www.carnetsdeleconomie.fr/Industrie-l-Etat-doit-ameliorer-son-soutien-selon-la-Cour-des-Comptes_a2850.html</id>
   <category term="Stratégies" />
   <photo:imgsrc>https://www.carnetsdeleconomie.fr/photo/art/imagette/84684555-60449456.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-12-03T10:47:00+01:00</published>
   <author><name>Aurélien Lacroix</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Depuis une décennie, l’État a engagé des efforts substantiels pour soutenir l’industrie française, avec un budget qui a fortement augmenté pour atteindre plus de 26 milliards d’euros par an en 2021. Selon un rapport de la Cour des Comptes publié le 28 novembre 2024, cette hausse des aides représente un soutien sans précédent. Mais, malgré ces investissements, le bilan reste fragile. Si certaines grandes entreprises ont pu en tirer profit pour moderniser leurs équipements et leur production, de nombreuses autres entreprises, notamment les PME, ne bénéficient pas des mêmes retombées.     <div><b>Industrie : des mesures ambitieuses mais insuffisantes pour rétablir une véritable compétitivité</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.carnetsdeleconomie.fr/photo/art/default/84684555-60449456.jpg?v=1733220695" alt="Industrie : l’État doit améliorer son soutien selon la Cour des Comptes" title="Industrie : l’État doit améliorer son soutien selon la Cour des Comptes" />
     </div>
     <div>
      Par ailleurs, selon la <a class="link" href="https://www.ccomptes.fr/fr/publications/10-ans-de-politiques-publiques-en-faveur-de-lindustrie-des-resultats-encore-fragiles " rel="nofollow" target="_blank">Cour des Comptes</a>, les politiques publiques, bien qu’orientées vers la transition énergétique et la réindustrialisation de certains territoires, ne parviennent pas à corriger les inégalités territoriales. Certaines régions, historiquement industrielles, peinent à se reconvertir. <br />   <br />  <strong>L'État français a mis en place plusieurs dispositifs pour relancer son industrie. Parmi eux, le Plan Industrie lancé en 2013 visait la modernisation des équipements industriels, avec une attention particulière portée à la robotisation, à la digitalisation des process de production et à la transition vers l’industrie du futur. </strong>De plus, des aides directes telles que les crédits d’impôt recherche (CIR) ont été renforcées pour soutenir l’innovation dans les secteurs industriels. <br />   <br />  Un autre outil majeur identifié par la Cour des Comptes dans son rapport de novembre 2024 a été le programme d’investissements d’avenir (PIA), orienté vers des secteurs spécifiques comme l'automobile, la chimie et les énergies renouvelables. <strong>Le programme visait à injecter des fonds pour l’innovation et à soutenir la modernisation des infrastructures.</strong> <br />   <br />  Cependant, les résultats restent contrastés. Si certains secteurs stratégiques, comme l’automobile ou les technologies numériques, ont pu bénéficier de ces soutiens, d’autres ont montré une évolution plus lente. <strong>En outre, la Cour des Comptes souligne une concentration des aides au profit des grandes entreprises, alors que les PME et les startups industrielles continuent de se heurter à des obstacles majeurs, notamment l’accès au financement et à l’innovation. </strong>Ainsi, le soutien public n’a pas permis de surmonter les profondes fractures qui existent entre les grandes entreprises, capables de se moderniser, et les plus petites, qui peinent à s’adapter.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Renforcer la résilience du secteur industriel : recommandations et pistes de réformes</b></div>
     <div>
      Pour que l’industrie française puisse réellement se redresser et faire face à un monde de plus en plus concurrentiel, plusieurs axes de réforme sont nécessaires.<strong> La Cour des Comptes propose un certain nombre de recommandations pour renforcer la résilience industrielle et garantir une compétitivité durable.</strong> <br />   <br />  1. Améliorer la coordination des politiques publiques et l’orientation des aides <br />   <br />  L’un des principaux leviers pour améliorer l’efficacité du soutien public réside dans la coordination des différents dispositifs d’aide. La Cour des Comptes recommande de mieux cibler les aides pour qu’elles profitent réellement à l’ensemble du tissu industriel français, en particulier aux PME, souvent négligées dans les grands programmes de soutien. <strong>Il s'agit aussi de garantir une transparence accrue sur l’usage de ces fonds pour éviter les dérives et rendre ces politiques plus efficaces.</strong> <br />   <br />  2. Accélérer la transition énergétique : un axe clé pour la compétitivité durable <br />   <br />  La transition énergétique représente une dimension stratégique dans la politique industrielle. <strong>Si de nombreuses entreprises ont amorcé des démarches pour devenir plus écologiques, la vitesse de cette transformation reste insuffisante.</strong> Le soutien public devra donc se concentrer sur la décarbonation des industries les plus polluantes et la modernisation des infrastructures pour réduire la consommation d’énergie. De plus, l’État doit accompagner les entreprises dans la transition vers des technologies plus vertes comme l’électrification des processus industriels. <br />   <br />  3. Repenser le soutien aux territoires industriels fragiles <br />   <br />  Un autre aspect clé des réformes réside dans le soutien aux territoires fragilisés par la désindustrialisation. La réindustrialisation de ces zones nécessite des politiques adaptées à leur contexte local, intégrant des mesures d’accompagnement spécifiques, en particulier pour les secteurs en reconversion.<strong> Les programmes de relance devraient viser à diversifier les bassins industriels et à encourager la relocalisation des industries stratégiques, notamment dans les régions où le tissu économique a été particulièrement affaibli.</strong> <br />   <br />  4. Favoriser l'innovation et l’indépendance stratégique dans un monde globalisé <br />   <br />  Enfin, la Cour des Comptes insiste sur le besoin de renforcer l’innovation au sein des industries françaises. <strong>Le soutien public à la recherche et au développement, notamment dans des secteurs d’avenir comme l’intelligence artificielle, les biotechnologies, ou la transition numérique, doit être multiplié pour garantir à l’industrie une véritable indépendance stratégique. </strong>Il est aussi crucial de diversifier les sources d’approvisionnement pour éviter les vulnérabilités géopolitiques, en renforçant la compétitivité des entreprises françaises à l'échelle internationale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>L’ingérence économique : une menace globale et insidieuse pour les entreprises</title>
   <updated>2024-11-25T10:05:00+01:00</updated>
   <id>https://www.carnetsdeleconomie.fr/L-ingerence-economique-une-menace-globale-et-insidieuse-pour-les-entreprises_a2844.html</id>
   <category term="Stratégies" />
   <photo:imgsrc>https://www.carnetsdeleconomie.fr/photo/art/imagette/84506201-60340065.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-11-25T10:02:00+01:00</published>
   <author><name>Paolo Garoscio</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Depuis le début du 21e siècle, marqué par une transformation radicale des moyens de communication, les rivalités entre nations et entreprises prennent de nouvelles formes. L’ingérence économique s’impose comme l’une des principales menaces stratégiques du XXIe siècle. Au-delà des classiques mouvements de capitaux ou des acquisitions hostiles, elle s’infiltre dans des domaines complexes tels que l’information, la technologie, et la souveraineté industrielle. Alors que des puissances étrangères perfectionnent leurs stratégies de déstabilisation et d’influence, la réponse des États et des entreprises reste encore insuffisante face à ces pratiques aux conséquences souvent dévastatrices.     <div><b>Une menace protéiforme : de la désinformation aux cyberattaques</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.carnetsdeleconomie.fr/photo/art/default/84506201-60340065.jpg?v=1732526831" alt="L’ingérence économique : une menace globale et insidieuse pour les entreprises" title="L’ingérence économique : une menace globale et insidieuse pour les entreprises" />
     </div>
     <div>
      Il y a vingt ans, en 2003, Bernard Carayon publiait un rapport ambitieux qui devait marquer une étape décisive dans la compréhension des enjeux économiques contemporains. <strong>Intitulé « Intelligence économique, compétitivité et cohésion sociale », ce document établissait une vérité dérangeante : dans un monde de globalisation accélérée, les États et les entreprises étaient engagés dans une véritable guerre économique. </strong>Pourtant, malgré ses recommandations visionnaires, ce rapport reste aujourd’hui largement sous-exploité. <br />   <br />  L’ingérence économique ne se limite plus à la manipulation des flux financiers ou au contrôle des marchés. Elle prend désormais une dimension hybride, multi-flux et multi-support, où l’information joue un rôle central. Les campagnes de désinformation ciblant les entreprises et les États se sont intensifiées ces dernières années. Par le biais de réseaux sociaux et de plateformes en ligne, des acteurs malveillants diffusent rumeurs, fake news et contenus falsifiés. Ces campagnes cherchent à altérer l’opinion publique, fragiliser la confiance des investisseurs, ou déstabiliser un concurrent stratégique. <strong>Un exemple régulièrement utilisé et dénoncé de cette pratique ce sont les accusations de greenwashing contre des entreprises pourtant reconnues pour leurs efforts environnementaux. </strong>Ces critiques, parfois infondées, sont amplifiées par des relais numériques, créant un climat de défiance généralisée exacerbé par l’arrivée de l’intelligence artificielle qui offre de nouveaux outils surpuissants aux acteurs malveillants. <br />   <br />  En parallèle, les cyberattaques visant les infrastructures critiques et les bases de données stratégiques des entreprises se multiplient. <strong>Entre 2020 et 2023, la France a enregistré une hausse de 40 % des cyberattaques ciblant des secteurs clés tels que l’énergie, la santé, ou les télécommunications.</strong> Les attaques contre des systèmes industriels, comme celles subies par certains grands groupes européens, montrent que les entreprises doivent faire face à une sophistication croissante des techniques employées par les attaquants. Ces derniers allient souvent espionnage numérique et opérations d’influence pour maximiser leurs impacts. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’ingérence technologique et industrielle : la captation des savoir-faire</b></div>
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      Si les cyberattaques et la manipulation de l’information sont les facettes les plus visibles de l’ingérence, la captation de savoir-faire industriels et technologiques représente une autre forme subtile mais tout aussi dangereuse. <strong>Les rachats d’entreprises stratégiques, souvent orchestrés par des fonds liés à des États, visent à prendre le contrôle de technologies sensibles. En 2022, 30 % des brevets européens en technologies avancées ont été acquis par des entreprises étrangères, parfois issues de juridictions peu transparentes. </strong>Ces transferts affaiblissent les positions industrielles locales tout en renforçant la dépendance technologique de l’Europe. <br />   <br />  L’ingérence s’attaque aussi aux individus.<strong> La fuite des talents, incitée par des offres attractives provenant d’acteurs étrangers, affaiblit durablement la compétitivité des secteurs stratégiques. </strong>Dans le domaine de l’intelligence artificielle, des centaines de chercheurs européens ont ainsi rejoint des entreprises ou des programmes financés par des États rivaux, creusant un écart technologique difficile à combler.
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     <div><b>Des réponses encore insuffisantes contres les ingérences</b></div>
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      Les dispositifs actuels des entreprises et des États, bien que renforcés, demeurent inadaptés à l’ampleur des menaces. Des initiatives comme la création de Viginum, chargé de surveiller les ingérences numériques lors des échéances démocratiques, ou les lois sur les investissements étrangers, montrent une prise de conscience des enjeux. Cependant, cette stratégie souffre encore d’une fragmentation institutionnelle et d’un manque de moyens coordonnés. <strong>En 2023, un rapport sénatorial pointait l’absence de synergies efficaces entre les ministères, les entreprises et les collectivités territoriales. Pour contrer les ingérences étrangères, une stratégie nationale intégrée et interministérielle apparaît indispensable, à l’image des modèles scandinaves ou israéliens.</strong> <br />   <br />  En 2024, les rivalités économiques s’intensifient dans un cadre géopolitique qualifié de « néo-guerre froide » par le Sénat français. <strong>Les puissances adverses, notamment la Chine et la Russie, utilisent des stratégies hybrides pour exploiter les divisions internes des démocraties occidentales.</strong> La France, pour rester compétitive, doit impérativement adopter une posture offensive : renforcer ses outils de veille stratégique, soutenir ses entreprises dans les secteurs critiques, et investir dans une politique d’influence capable de défendre ses intérêts sur la scène mondiale. Pour les entreprises, il est devenu vital d’investir dans leur résilience face aux ingérences. De nombreuses entreprises françaises commencent à intégrer ces dimensions dans leur gouvernance, mais les efforts restent disparates, notamment parmi les PME et les TPE qui disposent de moyens moins importants. <br />   <br />  L’ingérence économique, par sa complexité et sa portée, ne peut être combattue uniquement par des mesures défensives. <strong>Elle exige une vision offensive, où la France et ses entreprises adoptent des stratégies d’influence proactive sur la scène mondiale.</strong> Pour ce faire, il faut protéger les actifs stratégiques, mais aussi développer des outils capables de promouvoir les intérêts nationaux à l’international. Des initiatives comme la création d’un fonds souverain renforcé, le soutien à la réindustrialisation et la mise en œuvre de politiques d’éducation stratégique sont autant de leviers pour réduire la vulnérabilité face aux ingérences. <br />   <br />  <strong>Le défi, en 2024, est d’allier résilience et innovation, tout en instaurant une véritable culture de l’intelligence économique. </strong>Car dans une économie globalisée où la compétition dépasse les frontières traditionnelles, l’avenir des entreprises françaises dépendra autant de leur capacité à innover que de leur aptitude à se défendre contre des menaces invisibles mais bien réelles. <strong>Bernard Carayon avait dès 2003 pressenti que la compétition mondiale se déplacerait vers des terrains moins visibles, où l’information et l’influence joueraient un rôle prépondérant. </strong>Il décrivait cette guerre comme un affrontement systémique, où des États et des entreprises mobiliseraient des outils économiques, juridiques et médiatiques pour affaiblir leurs concurrents. Si cette analyse semblait à l’époque novatrice, elle apparaît aujourd’hui comme une évidence.
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